Le Labo de l’ESS, association reconnue d’intérêt général, est un think tank qui construit, par un travail collaboratif, des axes structurants de l’économie sociale et solidaire, à partir d’initiatives concrètes, innovantes et inspirantes issues des territoires.

Accueil > Le Labo de l’ESS > On parle de nous > Benoît Hamon : "Comment 100 000 emplois seront créés en 2013"

Benoît Hamon : "Comment 100 000 emplois seront créés en 2013"

Impression ForumPublié le 30 octobre 2012 

Interview du Ministre Délégué en charge de l’économie sociale et solidaire et de la consommation : il s’exprime sur les emplois d’avenir, les contrats de génération, la BPI BPI Banque Publique d’Investissement . Il annonce également le lancement en novembre par son ministère d’une grande campagne nationale de l’ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
.

Source : Le Monde, 30 octobre 2011, partie abonnés


Le président de la République a fait de l’économie sociale et solidaire (ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
) un des axes de la stratégie de croissance inclusive, en créant un ministère. Benoît Hamon s’appuie sur les associations, les coopératives, les mutuelles et les fondations pour concrétiser ce programme. Les chiffres du chômage sont en forte hausse. Comptez-vous faire de l’économie sociale et solidaire un acteur important de la lutte pour l’emploi ?

Benoît Hamon : Oui, oui, trois fois oui. L’économie sociale sera le partenaire des mesures d’urgence prises en faveur de l’emploi des jeunes. 100 000 "emplois d’avenir" seront créés en 2013.
Le programme "emploi d’avenir" [150 000 emplois en 2013 et 2014] va reposer pour beaucoup sur la mobilisation de l’économie sociale et solidaire, notamment du monde associatif, à travers les grands réseaux nationaux dans le domaine du sanitaire et du social, le domaine sportif et les régies de quartiers.

Comment faire pour créer 100 000 emplois d’avenir pour les jeunes de 16 à 25 ans en 2013 ?

Le 30 octobre, le premier ministre Jean-Marc Ayrault réunira un certain nombre de "têtes" de réseaux de l’économie sociale, identifiées par chaque ministère comme étant capables de déployer des stratégies nationales de recrutement. Il s’agit de grandes fédérations associatives, d’organisations du secteur sanitaire et social, de coopératives ou de mutuelles : à elles d’identifier les besoins.
Des conventions-cadres seront signées entre l’Etat et ces grands réseaux pour définir la nature de l’engagement pris (…).
Dès novembre, les premiers contrats seront signés entre les employeurs et les jeunes, avec l’aide de l’Etat. (…)

Les contrats de génération concernent-ils les employeurs de l’économie sociale ?

Absolument. D’ici à 2020, 600 000 départs à la retraite sont programmés dans l’économie sociale et solidaire. Il y a donc largement matière à construire des contrats de génération, qui permettront aux seniors de transmettre leur expérience. (…)

La Banque publique d’investissement (BPI BPI Banque Publique d’Investissement ) réservera-t-elle toujours 500 millions d’euros à l’ESS ?

Ces 500 millions sont inscrits noir sur blanc dans la lettre d’engagement qui a été signée entre les départements et l’Etat, lundi 22 octobre à l’Elysée, avec le président de la République.

Je suis autant attaché à ce chiffre qu’au fait qu’on s’assure que demain, il y aura les ressources humaines suffisantes à la BPI pour comprendre les besoins des acteurs de l’économie sociale. Tout porteur d’un projet viable, qui innove, qui répond à des besoins sociaux ou pas, doit trouver un interlocuteur, le prêt, la garantie bancaire et l’apport en fonds propres dont il a besoin.

Mon souci a été de m’assurer que la BPI n’éliminera pas, comme les instruments de soutien public au financement des PME ont pu le faire auparavant, de bons projets au motif qu’ils sont portés par un acteur de l’économie sociale. Dans certains territoires, elle est le premier fournisseur de services sociaux et le premier employeur. Le rôle de la BPI est déterminant pour faire levier auprès des banques.

Les porteurs de projets devront-ils attendre la loi-cadre de 2013 pour avoir accès à la BPI ?

Dès la création de la BPI, tous les acteurs de l’ESS seront éligibles à un financement. La loi facilitera la tâche de la BPI, ce qui n’empêche pas d’intervenir avant.

Sans conditions ?

Les conditions posées sont d’avoir un projet viable, de vouloir innover, d’avoir besoin de fonds propres et qu’économiquement le projet soit justifié. Ensuite, la labellisation des entreprises sociales à laquelle nous travaillons permettra de flécher les fonds dédiés à l’innovation sociale, qui est un puissant instrument de création d’emplois non délocalisables.

Jusqu’à la loi-cadre, comment la BPI reconnaîtra un acteur de l’économie sociale ?

Dans l’absolu, elle n’a pas à le reconnaître. L’intérêt de le reconnaître est d’évaluer les montants affectés au secteur.

Comment réserver 500 millions d’euros à l’ESS si on ne sait pas l’identifier ?

La BPI répondra aux projets des entreprises et structures de l’ESS, de la même manière qu’elle interviendra en direction des PME classiques. 500 millions d’euros, c’est un minimum.

C’est un indicateur de la volonté politique. Par ailleurs, par le simple fait que demain les acteurs de l’ESS disposeront d’un interlocuteur en région avec la BPI, il y aura un effet d’entraînement. Les prises de participations, les garanties, les prêts et les apports en fonds propres pourront ainsi dépasser les 500 millions d’euros.

Ce n’est pas un budget, une cagnotte, un magot dans lequel puiserait d’abord le plus rapide, le plus pugnace. La BPI, c’est 40 milliards d’euros, la petite association Association Définition qui veut créer une épicerie sociale, la maison de retraite qui veut doubler ses investissements dans du matériel médical de pointe, etc., avec un ticket qui sera pour l’un à 1 million, pour l’autre à 20 millions, la BPI est là pour ça.

Quel sera votre premier acte de la 5e édition du Mois de l’ESS en novembre ?

Dans le cadre d’une grande campagne nationale de l’ESS que nous allons lancer, je vais prendre mon bâton de pèlerin pour amorcer, de territoire en territoire, la mobilisation autour des emplois d’avenir, en valorisant les montages de projets de cette économie.

Propos recueillis par Anne Rodier,
Le Monde, 30 octobre 2012

Postez un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Nos partenaires média

Nous suivre