Le Labo de l’ESS est un think tank qui construit, par un travail collaboratif, des axes structurants de l’économie sociale et solidaire, à partir d’initiatives concrètes, innovantes et inspirantes issues des territoires.

Accueil > Le Labo de l’ESS > On parle de nous > BPI : les attentes de l’économie sociale et solidaire

BPI : les attentes de l’économie sociale et solidaire

Impression ForumPublié le 9 avril 2013 

Un article publié sur le site de la Caisse d’épargne, Décideurs en région le 8 avril 2013.

Source : Décideurs en région, 8 avril 2013

La Banque publique d’investissement (BPI BPI Banque Publique d’Investissement ) doit débloquer 500 millions d’euros pour les entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
). Quelles sont les attentes du secteur en la matière ?

C’est écrit noir sur blanc dans la déclaration commune État-Départements, publiée le 22 octobre 2012 : la toute nouvelle Banque publique d’investissement (BPI) devra consacrer 500 millions d’euros, soit 1,2 % de sa force de frappe globale (42 milliards d’euros) au financement de l’économie sociale et solidaire (ESS). Il s’agit d’une forme de reconnaissance pour un secteur dynamique, créateur d’emplois non délocalisables. Selon l’Insee, l’ESS représente aujourd’hui 222 900 établissements employeurs et 2,34 millions de salariés, soit 10,3 % de l’emploi en France. Elle a créé 440 000 emplois en 10 ans, soit une croissance de 23 %, contre 7 % dans le privé.
Un manque d’investissement

"Le marché est là, les besoins et les projets sont là. Ce qu’il manque, aujourd’hui, ce sont les investissements", souligne Françoise Bernon, déléguée générale du Labo de l’ESS. La BPI, qui regroupe 3 géants de l’investissement public (CDC Entreprises, Fonds stratégique d’investissement, OSEO), pourrait combler ce manque et ouvrir les portes du financement bancaire aux acteurs de l’ESS, en leur offrant tous les outils réservés d’ordinaire aux entreprises : prêts et garanties, apports en fonds propres et quasi-fonds propres, avances remboursables... "La BPI répondra aux projets des entreprises et structures de l’ESS, de la même manière qu’elle interviendra en direction des PME classiques. 500 millions d’euros, c’est un minimum", déclarait Benoît Hamon, le ministre délégué à l’économie sociale et solidaire, en octobre 2012 dans les pages du quotidien Le Monde.

Prendre en compte les spécificités de l’ESS

Cependant le ministère, et plus encore les acteurs de l’ESS, se montrent extrêmement attentifs aux modalités concrètes du financement promis. "Si l’on appliquait aux entreprises, aux porteurs de projet en ESS les mêmes critères de rentabilité financière que pour une entreprise classique, si l’on exigeait les mêmes garanties initiales en fonds propres, ce serait un non-sens économique. Il faut absolument des interlocuteurs, des circuits de décision capables d’appréhender le modèle dans toutes ses dimensions : l’intérêt pour un territoire, et non seulement pour des actionnaires ; une vision à long terme et une connaissance fine des besoins locaux", indique Françoise Bernon. Ce qu’Alain Rousset, président de l’Association Association Définition des Régions de France, et du comité national d’orientation de la BPI, résumait dans ces termes, en décembre 2012 : "Il conviendra d’adopter une doctrine d’investissement patiente et qui n’ait pas la voracité du marché en termes de rendement."

Bientôt une loi-cadre

La mise en œuvre de cette doctrine dépendra également du mode de gouvernance Gouvernance Définition de la BPI : soit une structure déconcentrée, déléguant le financement de l’ESS à des acteurs locaux spécialisés (ADIE, France Active, entités régionales de la CDC...) ; soit un organisme centralisé, doté de procédures bancaires standard, où seules les grandes entreprises d’ESS puissent satisfaire aux critères. En attendant cette clarification, l’ESS poursuit sa croissance, avec deux étapes importantes : le prochain passage au Parlement d’une loi-cadre, qui devrait renforcer ses structures et la doter d’outils nouveaux ; et le développement des pôles territoriaux de compétence économique (PTCE), qui regroupent différents acteurs d’une filière ESS à l’échelle d’un territoire, afin notamment de gagner en visibilité auprès des investisseurs.

Postez un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Nos partenaires média

Nous suivre