Attirer davantage les investisseurs de droit commun via la mise en place d’un label « entreprise sociale et solidaire » et/ou d’un référentiel de reporting social.

Mieux identifier et caractériser les entreprises ESS, leurs pratiques et impacts, est indispensable pour attirer des investisseurs classiques et mieux intégrer l’ESS dans les outils de financement de droit commun (crédit, fonds propres…).

Le renforcement de cette dimension informationnelle est aussi essentiel pour créer les conditions d’un changement d’échelle, en permettant de compter, évaluer et analyser le secteur ; fonder une politique publique favorisant des pratiques (mesurables) d’entreprises sociales et solidaires ; établir des conditions de concurrence avec les entreprises classiques à minima égales (égalité de traitement) ; éviter les récupérations et dérives ; de communiquer et d’être audible et compris hors de l’ESS
Pour y parvenir, deux approches distinctes mais complémentaires peuvent être envisagées. 1) L’élaboration d’un label, construit et porté par l’ensemble du secteur pourrait se fonder sur un faisceau de critères portant à la fois sur les objectifs de l’entreprise et les moyens mis en œuvre. Ce faisceau de critères pourrait distinguer des critères indispensables et des critères recommandés, par exemple l’adoption d’un statut d’économie sociale ou l’appartenance à un réseau ESS sur les moyens. 2)La mise en place un référentiel partagé de l’utilité sociale. Les acteurs « classiques » du financement sont habitués à des démarches de reporting standardisé : les investisseurs ont besoin d’une rationalisation de l’information. L’exemple de la micro-finance est à ce titre intéressant : le champ des IMF (institutions de micro-finance) est allé progressivement vers un reporting standardisé et harmonisé (via l’organisation CGAP), ce qui a permis ensuite d’attirer des investisseurs.
Une clé du changement d’échelle réside ainsi dans la capacité à bâtir un référentiel partagé (probablement au niveau européen et avec de fortes spécificités sectorielles et nationales) sur les dimensions sociales et écologiques, pour permettre de mesurer l’impact d’intérêt général et de comparer les performances des entreprises sociales et solidaires, entre elles et avec les entreprises classiques.

Certains acteurs de la finance solidaire commencent d’ailleurs à pratiquer des notations du niveau d’utilité sociale des entreprises financées, sur la base d’approches sectorielles. Une telle démarche d’harmonisation du reporting permettrait aussi de mieux intégrer le financement d’entreprises ESS dans les critères des investisseurs ISR (investissement socialement responsable) et de proposer un contre-référentiel à celui souvent imposé aux entreprises ESS par la puissance publique, via la loi LOLF (approche unilatérale de définition des indicateurs, qui ne tient pas compte des spécificités ESS).

2 réponses to “Attirer davantage les investisseurs de droit commun via la mise en place d’un label « entreprise sociale et solidaire » et/ou d’un référentiel de reporting social.”

  1. TG pour Le Labo de l'ESS dit :

    En Angleterre, vient d’être lancé un label « social enterprise » http://www.socialenterprisemark.org.uk/ notamment pour améliorer la visibilité des entreprises sociales et solidaires auprès des consommateurs et des acheteurs publics et privés. Une approche à décliner en France ?

  2. Buildings are not cheap and not every person is able to buy it. However, credit loans are created to aid people in such kind of cases.

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