Démultiplier les formations à l’entrepreneuriat social et solidaire
Bien qu’encore parcellaires, les enseignements et recherches en ESS se sont développés depuis plusieurs années sous différentes formes. Plusieurs licences et Masters en économie, sociologie, gestion ou droit se sont développés dans le cadre universitaire.
La majorité des formations existantes est centrée sur la formation de futurs « chargés de mission ESS », moins sur celle de futurs entrepreneurs ou développeurs d’activités, à l’exception notable des « masters pro ESS » comme celui du Collège coopératif de Bretagne, de la chaire d’entrepreneuriat social à l’Essec, de la majeure Alternative Management à HEC et de quelques exceptions qui ont en commun d’avoir été mise en œuvre récemment.
Il y a besoin, simultanément de mieux connaître le parcours professionnel des étudiants de ces formations et de démultiplier les formations entrepreneuriales autour de l’ESS, dans les universités et les écoles. Les grandes entreprises d’économie sociale peuvent jouer un rôle clé dans le soutien à de telles initiatives.


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Il est certes utiile de développer des formations à l’entrepreneuriat social. Mais il ne faudrait pas réduire les besoins de formation à ce volet. L’Economie Sociale et Solidaire a besoin de salariés compétents, connaissant les spécificiités du secteur, adhérents aux valuers, et pouvant répondre aux attentes des structures en matière de développement, de qualité, de communication…
Les universités ont vocation à répondre à ces besoins, dans une démarche partenariale avec les structures de l’ESS.
Nous vous rejoignons tout à fait dans le diagnostic de la pluralité des besoins de l’ESS (qui ne sauraient se résoudre à uniquement des entrepreneurs, même s’ils demeurent néanmoins une « ressource rare » pour le secteur, donc précieuse) et de la pluralité des parcours des entrepreneurs sociaux eux-mêmes.
L’idée même d’une économie plurielle que défend l’ESS suppose la recherche d’une biodiversité dans l’action, la formation (initiale et continue) et les acteurs (universités, grandes écoles, IUT).
Sur les formations, il me semble qu’une véritable étude sur les profils et les trajectoires des étudiants suivant d’une part des Masters Pro dans les universités et ceux suivant un cursus grandes écoles type chaire d’entrepreneuriat social serait utile pour sortir du piège de représentations toutes faites sur les débouchés types.
Ainsi si les grandes écoles produisent de bons gestionnaires par un processus de sélection à l’entrée, il n’est pas certain qu’elles favorisent pour autant l’entrepreneuriat qui suppose la prise de risque mais aussi souvent des parcours hors normes.
Comme le dit Patrick Fauconnier, auteur de la Fabrique des meilleurs, à propos des élèves des grandes écoles, « On forme en fait des gestionnaires, et pas des gens qui sont prêts à prendre des risques. » Ou encore Pierre Veltz, ancien directeur des ponts et chaussés, « les grandes écoles françaises sont de bons cabinets de recrutement pour les entreprises du CAC 40, mais elles forment trop peu de futurs entrepreneurs. » (Le Monde 11 novembre 2009).
D’ailleurs, le profils de plusieurs entrepreneurs sociaux sont de fait très atypiques dans leurs trajectoires scolaires et professionnelles, ce qui en fait aussi sans doute la richesse.
Nous sommes tout à fait en phase. Une étude fine et large des trajectoires des étudiants sortant des formations ESS / Entrepreneuriat social serait tout à fait pertinente et utile pour construire une vision stratégique sur le sujet : quelles formations développer ? pour quels débouchés ? On reste globalement encore assez « aveugle » sur le sujet. A suivre.
J’ai suivi une formation sur l’économie sociale et solidaire, car bien qu’étant très sensibilisée à l’ESS, ses valeurs et ses critères, je souhaitais développer davantage ce volet identitaire de mon activité. J’ai suivi cette formation avec CRE-SOL, association Centre réseau d’économie solidaire, dont je suis adhérente.
Je poursuis ma formation en tant qu’entrepreneur social en ayant intégré une CAE depuis fin mars 2009.
Donc en gros, ma formation s’effectue à 30% en théorique et 70% en pratique. A mon avis, il serait bon de contacter des CAE et leurs entrepreneurs-salariés pour recueillir des témoignages, identifier les profils et les parcours…
L’ESS ne dois pas être un ’secteur’, ce doit être un modèl ! sans quoi nous recérons des castes !