Développer l’innovation sociale

L’innovation sociale consiste à élaborer des réponses nouvelles à des besoins sociaux ou écologiques peu ou mal satisfaits, en faisant coopérer tous les acteurs concernés, publics, privés, civils.

Elle vise en fait à répondre à des enjeux de société complexes que ni l’Etat, ni le marché ne savent traiter seul, par exemple la création d’emplois durables dans des quartiers sensibles, des zones rurales désertées ou des bassins d’emploi en reconversion. La France est un terreau historiquement riche d’innovation sociale, à travers son vivier de 200 000 entreprises de l’ESS.

Certains pays ont compris la pertinence de cette autre manière d’innover. Barack Obama, le Président des Etats-unis, a créé un « Social Innovation Fund » de 50 millions de dollars. Le Nesta, l’Oséo anglais, a intégré l’innovation sociale dans son champ d’action et mis en place une unité spécialisée (Nesta Lab). Le ministère danois des Finances s’est doté d’un laboratoire d’innovation sociale. Le Pays Basque espagnol a lancé une Silicon Valley de l’innovation sociale. La Commission européenne la défend au plus haut niveau et encourage son développement. L’OCDE anime depuis neuf ans un forum international sur le sujet.

Ce contexte international favorable ouvre une opportunité pour agir sur le sujet en France, au niveau national (notamment sur un plan financier), à la fois en intégrant l’innovation sociale dans les dispositifs existants de soutien à l’innovation et en créant des outils spécifiques.

9.1. Créer une avance remboursable Oséo Innovation sur de l’innovation sociale
9.2. Adapter et promouvoir le Crédit d’Impôt Recherche sur les activités de R&D sociale
9.3. Ouvrir les structures publiques d’accueil et d’accompagnement des entreprises innovantes à au moins 10 % d’entreprises ESS innovantes
9.4. Créer et soutenir des dynamiques territoriales de développement de l’innovation sociale
9.5. Créer un fonds public / privé d’innovation sociale pour financer la R&D de l’ESS

6 réponses to “Développer l’innovation sociale”

  1. Suzanne Citron dit :

    Le projet de civilisation défini par Claude implique une réflexion critique et constructives sur : quelle éducation nationale pour ce projet. Il me semble que la rubrique serait à ajouter, qui permettrait synthèse des mises au point critiques et ouverture sur des projets, des propositions et des expérimentations. Vincent Peillon organise aujourd’hui 14 novembre une journée sur l’éducation. On ne peut qu’applaudir à cette initiative si rare à gauche et voir ce qui en résultera, t

  2. Calame Pierre dit :

    Comme évoqué lors de la présentation des 50 propositions le 18 novembre, il est indispensable que le mouvement de l’ESS poursuive des alliances cohérentes avec ses valeurs. Ainsi, au dela du statut des entreprises, l’ESS doit militer pour que les différentes catégories de biens et services soient gérés selon des régimes de gouvernance appropriés à leur nature . Il ne suffit pas de dire »halte au tout marché »; il faut aussi dire pour quelles catégories de biens et service le marché est légitime et pour quelles catégories il ne l’est pas. J’ai développé cette analyse dans « l’essai sur l’oeconomie » (voir http://www.eclm.fr). En particulier le marché n’est pas légitime pour les « biens qui se multiplient en se partageant » comme la connaissance et l’expérience. Biens dits de « 4ème catégorie ». En particulier, le mouvement de l’ESS devrait s’engager massivement à utliliser des logiciels libres et développer de manière coopérative des adaptations à leurs besoins propres. La fph (www.fph.ch) s’est engagée dans de tels développements et est prète à les mettre à disposition du mouvement

  3. TG pour Le Labo de l'ESS dit :

    Pour compléter et approfondir cette perspective, on peut inviter à consulter l’article suivant : ESS et logiciels libres : le temps de l’alliance ? http://www.framablog.org/index.php/post/2009/12/01/economie-sociale-logiciel-libre

    A voir aussi L’Association internationale du logiciel libre, qui travaille bcp sur les liens avec l’ESS. http://www.ai2l.org/spip/

  4. NicoNL dit :

    Une des conditions de l’émergence de l’ESS est la prise de conscience par le plus grand nombre que ce que nous vivons n’est pas une crise mais une véritable mutation axiale, c’est à dire une mutation vers une autre forme de société, comme nous en avons connu vers l’an mille et à la Renaissance.

    Pour favoriser cette prise de conscience, il est nécessaire de développer de l’attention sociale, de générer de l’attention humaine. Et il faut commencer par un ré-enchantement par le langage, car les mots sont le véhicule de la pensée, et qu’ils ont trop perdu cette capacité à nous mener vers l’autre. C’est pourquoi, après 20 ans en entreprise, dans des postes de direction, j’ai décidé d’entreprendre en poésie.

    En effet, la langue majoritairement en usage dans notre société est devenue une langue de détention, destinée à nous maintenir dans le pulsionnel et nous rendant incapables de développer de l’énergie sociale. Langue de bois, langue des médias de masse et du marketing, l’individu vit sous la contrainte d’une langue qui lui a été volée.

    La poésie est au contraire la langue de l’enchantement et du lien humain, la langue qui mène à l’autre à travers l’universalité de ses émotions, et j’ai créé le billet-poème pour permettre à la poésie de s’évader des recueils peu fréquentés pour atteindre tous les publics. C’est une formule éditoriale qui interroge la forme du livre ! Elle interroge la forme de l’argent ! Elle utilise, détourne la forme de l’argent pour y mettre des mots et met en perspective la valeur des mots versus la valeur argent ! Le billet-poème pose donc la question de l’argent, devenue presque la seule question de la société d’ultra consommation qui s’est imposée en seulement deux générations d’hommes.

    Le billet-poème : un billet de mots, billet doux, billet d’humeur.

    POUR TOUT SAVOIR SUR CE PROJET : http://www.lebilletpoeme.fr

  5. TG pour Le Labo de l'ESS dit :

    Merci pour votre message et votre belle et originale initiative

    Sur ce que vous dites : « la langue majoritairement en usage dans notre société est devenue une langue de détention, destinée à nous maintenir dans le pulsionnel et nous rendant incapables de développer de l’énergie sociale. Langue de bois, langue des médias de masse et du marketing, l’individu vit sous la contrainte d’une langue qui lui a été volée »

    Je vous invite à lire, mais vous devez déjà le connaître, le très bon livre d’Eric Hazan, « LQR, la propagande du quotidien, éditions raisons d’agir (2006) http://www.evene.fr/livres/livre/eric-hazan-lqr-la-propagande-du-quotidien-18814.php

  6. Allier solidarité et Enjeux RH ?

    Le mécénat d’entreprise d’hier, qui consistait à venir soutenir financièrement et uniquement financièrement une association, un artiste ou un projet, n’est certainement pas mort, et répondra toujours aux besoins les plus “basiques” pour contribuer au développement des idées et des idéaux.

    Mais c’était un mécénat “passif”, essentiellement motivé par des enjeux de communication externe.

    Désormais se profile depuis quelques années en France l’émergence d’un véritable “mécénat participatif” : le mécénat de compétences. Pourquoi participatif ? Tout simplement parce qu’il implique de la façon la plus concrète qui soit la réalité de l’entreprise : ses collaborateurs.

    Ce n’est plus la “personne morale” désincarnée de l’entreprise qui fait un chèque, ce sont les personnes physiques qui la composent qui font don de leurs compétences et de leur savoir-faire à des structures d’intérêt général en carence d’expertises.

    A l’heure où l’on parle régulièrement “d’entreprise citoyenne”, de RSE, qui risquent dans certains cas de n’être que de simples “postures” vides d’engagements concrets, il est rassurant de voir que finalement ce sont les collaborateurs eux-mêmes qui de plus en plus revendiquent le droit de s’impliquer eux-mêmes dans des actions solidaires, conjointement menées avec leur entreprise.

    C’est bien évidemment la traduction de la fameuse quête de sens, mais c’est aussi tout simplement une façon de renforcer au niveau de chaque salarié son sentiment d’utilité dans la société au sens large, auprès notamment d’acteurs du secteur non-marchand, et du secteur associatif plus précisément.

    Cette mécanique de solidarité concrète et pragmatique a un bel avenir, car aujourd’hui associations, entreprises et collaborateurs ont tout à y gagner.

    C’est grâce aux initiatives locales d’échange, de partage de savoir-faire et d’expertises entre ces 3 acteurs naturels de la société civile que l’économie au sens large (re)trouvera sans doute une vertu qu’elle avait un peu perdu : le savoir-être.

    http://www.koeo.net

Laisser une réponse


Fil RSS   &   Commentaires (RSS)
Droits de reproduction et de diffusion réservés ©2010 lelabo-ess.org