Développer une finance solidaire et responsable

L’ESS demeure un secteur méconnu des financiers classiques. L’absence d’objectif lucratif et le caractère « mixte » des entreprises ESS en termes d’objet (social, écologique et économique) et/ou de ressources expliquent les difficultés rencontrées par ces entreprises pour financer leur développement. L’ESS peut néanmoins compter sur des investisseurs spécialisés comme la Sifa, l’Ides, Garrigue, Autonomie et Solidarité, etc.

L’ESS mérite pourtant d’être appuyée par des opérateurs financiers soucieux de contribuer à l’intérêt général. Car elle génère une forte plus-value en termes de cohésion sociale et de développement durable et constitue, dans des champs comme l’insertion, le handicap, la dépendance, la culture, le sport, l’ossature même des dispositifs publics en France. Elle apporte également une contribution largement positive à la richesse de la nation. Enfin, si elle ne vise pas à dégager des plus-values financières importantes, elle est néanmoins solvable, en capacité de rembourser à moyen terme les apports financiers effectués.

Le montant investi annuellement par la finance solidaire (fonds propres, prêt, garantie…) dans les entreprises ESS en France atteint environ 100 M€. Il est nécessaire d’aller plus loin, en l’augmentant significativement, et parallèlement en développant d’autres leviers d’investissement et en sécurisant les financements pluriannuels d’exploitation de l’ESS.

Voici un ensemble de propositions qui vont dans ce sens.

Soulignons que la mise en œuvre de ces propositions doit s’accompagner aussi d’un meilleur usage et mise en synergie des outils existants ainsi que du renforcement des compétences financières des entreprises de l’ESS : faire en sorte que le bon outil soit utilisé au bon moment, pour le bon besoin, en fonction notamment des territoires et des filières d’activité concernés.

7.1. Développer de nouveaux fonds de garantie sur des territoires ou filières d’activité
7.2. Améliorer l’accès aux financements européens par de la formation et des facilités de trésorerie
7.3. Drainer une part minime de l’assurance-vie sur la finance solidaire
7.4. Orienter sur la finance solidaire une part (1 à 10 %) des fonds d’investissement « souverains » ou de long terme
7.5. Créer un mécanisme « 1% économie sociale et solidaire »
7.6. Attirer davantage les investisseurs de droit commun via la mise en place d’un label « entreprise sociale et solidaire » et/ou d’un référentiel de reporting social
7.7. Mettre en place un CRA (Community Reinvestment Act) à la française
7.8. Reconnaître et diffuser une autre approche du risque financier et bancaire

5 réponses to “Développer une finance solidaire et responsable”

  1. Hervé LAMBERT dit :

    Bravo pour cette initiative. Dans mon mémoire de master intitulé « Le comportement socialement responsable de l’entreprise : RSE et Développement Durable », j’ai abordé plusieurs thèmes relatifs aux concepts RSE et notamment vis à vis des TPE et des PME/PMI et en l’occurence sur la finace solidaire.

    Ayant travaillé pendant 15 ans dans le système bancaire, puis 15 ans en libéral dans le domaine de la restructuration d’entreprises, la problématique du financement est centrale, car « sans carburant, il est impossible de faire avancer le véhicule ». le carburant, ce sont les fonds disponibles que l’on peut mobiliser pour financer des projets, le véhicule, c’est l’entreprise en général, avec les « gens dedans », les salariés, l’encadrement et la Direction.

    Devant le mépris affiché du système bancaire français actuel vis à vis de leurs clients, il est quasiment impossible pour un entrepreneur de trouver des ressources dès lors que son banquier, se réfugiant derrière des scoring d’une part, et des « commissions de crédit » d’autre part , a dit NON.

    Nombre d’entrepreneurs actuels ont un fonctionnement empirique de type RSE (three bottom lines). Ils ont un comportement naturellement responsable dans la mesure où la profitabilité est un moyen et pas une finalité. L’investissement sur les hommes de l’entreprise est fondamental pour eux, et ils sont dans des états de rage lorsqu’ils sont obligés de fermer leur entreprise, car les compétences disparaissent. Travaillant en Alsace, le taux de défaillance de cette année 2009 est catastrophique.

    Concernant la finance solidaire, il est nécessaire qu’elle puisse sortir de l’anonymat car elle reste aujourd’hui cantonnée à l’Adie ou Alsace active, et plutôt dans le domaine du micro crédit. malheureusement, derrière ces structures, on retrouve encore et toujours les banques traditionnelles, qui se sont emparées encore une fois de ces concepts novateurs pour tenter de récupérer un autre type de clientèle.

    A quand un système de crédit où les mastodontes de la vieille économie (les banques et les experts comptables), les membres éminents de l’hyperconcurrence ne seront pas admis?

    La finance solidaire est un support fondamental de la nouvelle économie, celle de la coopération.

  2. Thierry dit :

    Il est intéressant de développer des fonds de garantie pour couvrir le risque des banques.

    Le changement de Cap serait de mobiliser davantage d’épargne de proximité, autrement dit mobiliser des citoyens qui sont prêts à accompagner l’économique, les créateurs d’entreprises, les entrepreneurs en apportant aux entreprises les compléments de fonds propres dont ils ont besoin. Il existe les Bussiness angels, les cleffes, les clubs cigales…

    Mettre en place des fonds de garantie pour encourager l’apport de fonds propres et l’apport de garanties par les citoyens eux mêmes, en proximité. Le professionnalisme, la prise de risque n’est pas à réserver aux institutions lointaines.
    Mobiliser ainsi la confiance des citoyens, développer le lien social

  3. Amélie Artis dit :

    La construction de l’information dans la finance solidaire est à la source d’une rente informationnelle et développe l’expertise de ces financiers sur les organisations d’économie sociale et solidaire. Dans ce sens, les financiers bancaires, coopératifs et lucratifs, sont des « suiveurs » au sens où ils interprètent un financement par un financier solidaire comme un signal positif de la qualité de l’emprunteur. Ces emprunteurs sont financés par le secteur bancaire et les meilleurs emprunteurs deviennent alors clients de services bancaires et financiers. Dans ce processus, les financiers solidaires auraient intérêt à mieux valoriser leur expertise.

  4. Bonjour et merci pour cette initiative. J’aimerais ajouter à la rubrique finance l’idée de monnaie locale, permettant de revitaliser les économies locales en favorisant la production et le commerce de proximité. Plus de 5000 de ces monnaies parallèles existent aujourd’hui dans le monde. En France, la dernière initiative concerne la création de la monnaie « abeille » à Villeneuve-sur-Lot.

  5. MARTIN-LAUZER dit :

    Il existe déjà une association chargée de promouvoir l’épargne solidaire aupès du grand public et du réseau bancaire, gage de transparence et d’utilité sociale grâce au label FINANSOL, regard sur le circuit de lépargne solidaire portant essentiellement sur les quatre thèmes suivants : insertion et emploi, le logement, le développement durable et la solidarité internationale.
    Pour plus d’information http://www.finansol.org

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