Expérimenter et labelliser des pôles de coopération territoriaux

A l’instar des pôles de compétitivité, il s’agit de développer des pôles de coopération territoriaux sur la base de critères tels que l’ancrage local des activités économiques, l’utilité sociale de la production, le caractère faiblement délocalisable de l’emploi, la formation des compétences locales, les coopérations et les synergies économiques entre entreprises locales, etc.

L’objectif est de rassembler sur un territoire donné, des entreprises, des laboratoires de recherche et des établissements de formation pour développer des partenariats et des coopérations. Ces pôles ne joueraient pas uniquement un rôle d’information, d’accompagnement, de mutualisation de moyens entre acteurs et réseaux mais aussi d’expérimentation économique, de reprise de TPE/PME en difficulté, d’hébergement et de valorisation des compétences d’anciens entrepreneurs devenus salariés.

Il ne s’agit pas de proposer un modèle unique mais plutôt un cadre réglementaire et fiscal incitatif à la création de tels pôles qui, selon leurs dynamiques de constitution, peuvent être principalement entrepreneuriaux mixant ESS, PME-TPE, IAE, plus axés sur le regroupement intersectoriel de réseaux d’économie sociale et solidaire, sur des dynamiques multi-parties prenantes entre ESS, collectivités locales, universités, etc. Une politique d’expérimentation et de labellisation progressive des pôles semble nécessaire afin d’éviter qu’une institutionnalisation administrative et réglementaire trop rapide prenne le pas sur les coopérations entrepreneuriales et l’innovation sociale.

Les pôles de coopération territoriaux pourraient avoir un volet défensif face à la crise en facilitant un cadre de mutualisation et de regroupements volontaires entre entreprises et établissements de l’ESS, et les alliances avec d’autres acteurs économiques.

7 réponses to “Expérimenter et labelliser des pôles de coopération territoriaux”

  1. fonge dit :

    « à l’instar » ou « en réaction » aux pôles de compétitivité ?………………………….

  2. Calame Pierre dit :

    Un volet mérite d’être souligné: le développement territorial de l’agriculture biologique. Tout le monde sait que maintenant la demande française de produits issus de l’agriculture biologique dépasse de loin l’offre locale et nationale, les politiques françaises ayant été systématiquement inspirées par l’agriculture productiviste. Le moindre des paradoxes de l’ESS n’est pas que les coopératives agricoles, fleuron de l’ ESS à la française sont en fait les bastions de cette agriculture productiviste, dépendant notamment de la vente des intrants chimique pour leur prospérité financière. Et Limagrain, l’un des plus importants semenciers et à ce titre opposé à la libre diffusion des semences paysannes sélectionnées de manièr emutualiste n’est-elle pas « un groupe coopératif indépendant (www.limagrain.com). Que signifie « acheter local » si le sac à dos écologique des produits « locaux » est en fait considérable? Ne faut-il pas que le Labo ESS se saisisse de ce dossier et inclue dans ses propositions pour les régionales un e stratégie d’appui à la conversion à l’agriculture biologique prenant en compte dans les indicateurs de richesse et la rémunération des acteurs les apports à la santé, la réduction de l’empreinte écologique, la protection des nappes phréatiques, le rétablissement de la biodiversité sauvage et domestique, l’entretien de la fertilité des sols, le changeemnt de rapport à la nature. C’est autour de la transition vers une société durable que l’ESS peut créer des alliances stratégiques avec les mouvements dont l’angle d’entrée est écologique plus que social.

  3. Philippe M. dit :

    Je soutiens totalement la proposition de Pierre Calame. Le bio a de plus l’avantage d’être un enjeu clairement identifié sur les scènes politiques et médiatiques, et sur lequel il est envisageable de faire consensus. Par ailleurs, promouvoir ce type d’agriculture est sans aucun doute un levier qui apparaîtra porteur à bon nombre de territoires ruraux. Bref, je pense qu’on a là une porte d’entrée pour montrer concrètement ce qu’est l’ESS et à quoi ca sert, et ainsi prouver son utilité.

    Décliner « une stratégie d’appui à la conversion » pour les régionales est je pense assez ambitieux à si court terme. Pourquoi ne pas s’inspirer de la campagne Territoire de commerce équitable menée par la PFCE, qui (au moins sur le principe) donne aux territoires qui s’en saisissent une méthode de structuration et de développement du commerce équitable ?

  4. Oui aux pôles de coopération territoriaux, pour enfin dépasser le darwinisme. Je pense que dans ce type d’initiative, les acteurs de l’ESS doivent s’ouvrir très largement vers les autres acteurs de l’économie, entreprises et personnes, pour deux raisons essentielles :

    - il existe sous des formes juridiques très marchandes (sa, sarl…) des entreprises dont les moteurs ne sont pas le seul profit mais, aussi et d’abord, des motivations sociales et écologiques. L’habit ne fait pas le moine, à l’inverse on rencontre des groupes « coopératifs » qui n’en ont plus que le nom = Rallier rapidement un plus grands nombre de « coopétiteurs ».

    - porter à la connaissance d’un plus grand nombre des propositions pour l’émergence d’un autre modèle économique est une étape première : une information moteur de réflexion et pourquoi pas de changement = Ensemencer les esprits.

    Une troisième raison tout aussi essentielle est que la force d’un réseau se mesure au carré du nombre de ses membres.

    Gérant de la sarl Start Hemp, c’est avec le plus grand plaisir que je viendrais échanger avec les acteurs de l’ESS le 4 décembre au Forum Régional de l’Economie Solidaire.

    Et un grand merci et un grand bravo pour cette initiative « Labo 50 proposiitons »

  5. Bonjour,

    De la concertation entre acteurs locaux et régionaux de l’ESS et pouvoirs publics (Conseil régional, CG 35, Brest métropole…) est née l’idée de mettre en place des pôles de développement de l’ESS en Bretagne.
    A ce jour 14 territoires de Bretagne (sur 21 pays) sont engagés dans cette démarche.
    Le « concept » est un peu différent de ce que préconise le labo mais l’enjeu est le même créer de la coopération entre acteurs sur les territoires pour générer de l’innovation.
    quelques infos sur : http://www.cres-bretagne.org/index.php?option=com_content&task=view&id=788&Itemid=234

  6. athiel dit :

    Il me semble qu’il y a urgence à essayer de structurer au niveau régional, 2 pôles de coopération dans un 1er temps:
    - au niveau agricole (et bien sûr le développement d’une véritable filière bio locale)
    - au niveau énergie (structurer une filière énergie locale comme le propose la SCIC ENERCOOP mais aussi, une filière artisanale ou de petite industrie complète afin de pouvoir construire et rénover selon les concepts de l’écoconstruction).

    Ces filières régionales pourraient se développer grâce à l’appui des régions qui développeraient une offre ambitieuse de formation (formation initiale, continue, apprentissage, …)

  7. Bonjour,

    Je viens de découvrir ce site, raison de ma réponse un peu tardive. J’ai découvert que de nombreux thèmes correspondent à ce que nous essayons de mettre en place. Je vous écris pour vous faire part de mon expérience en région parisienne et en Tarn-et-Garonne.

    Je suis le président d’une association (Sol et Sud Quercy) et nous allons ouvrir un magasin dans les mois qui arrivent qui satisfait une grande part des thèmes abordés ici : filière agricole courte, emplois solidaires, proximité sociale, commerce équitable à Moissac (Tarn-et-Garonne). Nous sommes très proches des agriculteurs et des producteurs avec lesquels nous travaillons. Ceux-ci, du fait du principe du commerce équitable, seront deux fois mieux rémunérés et les consommateurs paieront en moyenne 50% moins cher leurs produits qu’en grande surface. Si nous montons ce projet, c’est aussi pour démontrer par les faits qu’un tel projet est économiquement viable. Le conseil général, par exemple, a refusé d’apporter son aide. Nous sommes soutenus uniquement par les instances privées et les systèmes d’aide au montage d’entreprise (pépinière, DLA, etc). Nous sommes donc bien loin des discours de nos élus en région Midi-Pyrénées et départemental. J’ai donc envie de dire : assez parlé de créer des structures pour lancer des synergies, mettre en place des systèmes, etc. J’aimerais (enfin) voir de l’action du côté administratif!

    Je voudrais aussi revenir sur les systèmes de vente déjà existants. Nous avons réalisé une étude ces cinq dernières années sur divers systèmes de vente et leur capacités à évoluer et s’adapter au marché. Par exemple Artisans du monde, les Amap et autres jardins de Cocagne. Ceux-ci présentent des atouts mais aussi des handicaps structurels : elles font appel essentiellement au volontariat et à la bonne volonté et ne satisfont que les personnes les plus motivées. Or, dans le milieu du commerce équitable, nous subissons depuis longtemps les effets des habitudes des consommateurs d’aujourd’hui : les gens sont prêts à acheter ce type de produits, mais à condition de les trouver en magasin, en faisant leurs courses, pour à peine plus cher et à condition qu’il soit bon. Certainement pas dans des structures contraignantes (rdv hebdomadaire), où on n’est pas sûr de trouver ses produits, etc. Ce sont donc des structures forcément locales. C’est idéal pour la proximité, mais le public semble restreint.

    J’ai vu dans les messages que certaines personnes souhaitaient se lancer dans l’agriculture. Je me permettrais le conseil de réfléchir très en amont aux filières pour écouler les produits. Entre 2008 et 2009, le revenu des agriculteurs a chuté de 50% en moyenne, du simple fait de la grande distribution et de sa politique de prix. C’est aussi l’une des raisons d’existence du magasin : créer une filière de vente indépendante des grandes surfaces pour assurer un revenu stable (principe du commerce équitable). Si le principe de notre magasin est viable, nous envisageons d’essaimer en Midi-Pyrénées..

    Quant au bio, nous en avons longuement parlé avec les agriculteurs qui travaillent avec nous. Nous avons opté pour l’agriculture raisonnée pour plusieurs raisons, la première étant que pour être certain de produire bio, il faut que l’ensemble de la filière le soit. Or, les voisins qui utilisent des pesticides, les nappes phréatiques qui récupèrent les excédents (entre autres!) contribuent à polluer les intrants des cultures. Sans parler du problème du rendement.

    Si certain(e)s sont intéressé(e)s par notre démarche, ils peuvent nous joindre à l’adresse mail suivante : soletsud_quercy@voila.fr ou aux numéros de téléphones sur notre site internet (soletsud.free.fr).

    Philippe

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