Organiser une gouvernance multi-parties prenantes au sein des entreprises.

Au-delà de la partie prenante majeure « salariés », se pose la question d’identifier et associer au mieux les autres parties prenantes (consommateurs, collectivités, associations écologistes, fournisseurs…). La construction de l’intérêt collectif de l’entreprise doit en effet de plus en plus passer par la bonne articulation et résolution d’une pluralité d’intérêts, parfois divergents.

Il ne peut exister de méthode unique pour y parvenir. De l’organisation de réunions de concertation à la présence d’administrateurs représentant les différentes parties prenantes, en passant par la mise en place de « délégués environnementaux », le spectre d’approches est large et pluriel. Chacune des approches étant plus ou moins adaptée et pertinente, en fonction du secteur d’activité, de la taille de l’entreprise ou de son territoire.

Deux approches, inspirées de l’ESS, nous paraissent notamment à approfondir. D’une part, il s’agit de développer des instances de dialogue et de concertation des parties prenantes au niveau territorial. De par son ancrage territorial, l’ESS pourrait avoir un rôle moteur sur cette structuration du dialogue des parties prenantes. A compléter à partir des travaux du Forum Citoyen pour la RSE. D’autre part, instaurer une représentation des différentes parties prenantes au sein du conseil d’administration de l’entreprise, en s’inspirant par exemple des Scic.

La Scic constitue une indéniable innovation économique et sociale. Les projets sous forme de Scic se caractérisent souvent par une vraie capacité à faire coopérer sur les territoires une pluralité d’acteurs publics et privés. Et l’utilisation de la Scic comme outil « d’économie mixte » pour la gestion de services publics locaux constitue une voie émergente prometteuse, à approfondir.

En tout état de cause, l’instauration d’une représentation des différentes parties prenantes au sein du conseil d’administration de l’entreprise (versus une nationalisation pure et simple), peut contribuer à rapprocher démocratiquement l’intérêt de l’entreprise de celui de la société.

Une réponse to “Organiser une gouvernance multi-parties prenantes au sein des entreprises.”

  1. Fred. M. dit :

    Il est clair que la gouvernance des entreprises doit évoluer. Mais attention, à force de fragmenter la décision dans le CA, on risque d’arriver à des situations ingérables. A vouloir rendre compte à tout le monde, on risque de ne rendre plus compte à personne. A vouloir décider avec tout le monde, on risque de ne plus rien décider…

    Plutôt qu’un partage de la gouvernance avec l’ensemble des parties prenantes, ne faudrait-il pas privilégier l’établissement de contre-pouvoirs renforcés dans l’entreprise, qui équilibreraient le pouvoir (dominant) des actionnaires ?

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