Pour un étiquetage social et environnemental des produits de consommation.
Le Grenelle de l’environnement s’est prononcé en faveur de cette proposition, à travers deux de ses engagements (n° 217 et n° 201). Un groupe de travail a été créé sous l’égide de l’Afnor. Une réflexion et de premières expérimentations (étiquetage carbone) sont en cours dans la grande distribution en France (et en Angleterre). C’est surtout le chantier étiquette carbone qui a avancé : ainsi à partir de 2011, le consommateur devra être informé, par voie de marquage, d’étiquetage, d’affichage ou par tout autre procédé approprié, du contenu en équivalent carbone des produits et de leur emballage.
Il s’agit d’un premier pas utile mais il faut aller plus loin. Nous pensons ainsi qu’il est nécessaire de réaffirmer avec force une vision politique claire et ambitieuse sur le sujet, autour de 3 axes :
i) Il y a besoin d’un étiquetage environnemental ET social, pas strictement environnemental (et pas limité à la mesure du bilan carbone) ou social à la marge.
ii) Il y a besoin d’un cadre réglementaire public, normatif et régulateur. Dans une vision « idéale » à terme, le citoyen devient totalement acteur de son acte d’achat, grâce à une lisibilité complète du produit (décomposition des prix, répartition de la valeur ajoutée, empreinte carbone…), aujourd’hui très limitée.
iii) Viser à terme, l’ensemble des produits de consommation. Pour prévenir et informer sérieusement le citoyen des conséquences de son acte d’achat, la traçabilité doit concerner l’ensemble des produits, ceux qui respectent le développement durable (et sont souvent labellisés) comme ceux qui ne le font pas.
Les labels sont une première étape, un premier éclairage pour sortir de l’obscurité informationnelle des produits. Ils conviennent bien à la réalité de beaucoup de consommateurs d’aujourd’hui qui ont besoin d’identifier vite et bien les produits qu’ils souhaiter acheter. Néanmoins, une régulation publique, co-construite avec les différentes parties prenantes, est nécessaire, pour sortir de la confusion et établir des règles du jeu claires, équitables et exigeantes, d’autant plus que les labels concernent surtout des produits relativement simples ou clairement structurés.
Cette régulation pourrait aboutir à un système simple et lisible pour le consommateur, qui ne tire pas vers le bas (socle minimal d’exigences sociales et environnementales), mais qui tire vers le haut et réponde véritablement à la forte attente de lisibilité et de garanties des consommateurs.


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