Reconnaître et diffuser une autre approche du risque financier et bancaire.

A la suite de la crise financière et alors que les anciennes habitudes reviennent vite, il est essentiel d’affirmer la nécessité de mieux reconnaître les pratiques solidaires et au-delà d’imposer une autre approche du risque pour l’ensemble des acteurs.

Tout d’abord, il s’agirait d’introduire des spécificités sur les banques solidaires dans Bâle III : les règlements bancaires actuels ne permettent pas de développer des pratiques de banque solidaire à grande échelle. Il y a besoin de faire reconnaître leurs spécificités au niveau international. Par ailleurs, un goulot d’étranglement majeur qui bloque la croissance des banques et financeurs solidaires est le surcoût lié à l’instruction et à la gestion de dossiers plus complexes, impliquant une analyse économique, mais aussi sociale et écologique. Trois approches sont aujourd’hui utilisées pour couvrir ce surcoût : la pratique de taux d’intérêts élevés, la diversification de l’offre en direction de cibles plus classiques et le recours à la solidarité.

Pour sortir de ces stratégies de contournement, on pourrait imaginer que l’Etat soutienne ces pratiques bancaires différentes, en finançant partiellement la part de l’activité qui relève de l’intérêt général.

Ensuite d’imposer une autre approche du risque qui ne soit pas fondée uniquement sur des critères économiques et financiers à court terme, mais aussi sur des critères sociaux, écologiques et de long terme. Cela passe également par une plus forte responsabilisation individuelle des épargnants.

Les épargnants qui attendaient un retour maximal à deux chiffres sans se poser de questions sur la destination de leur argent sont aussi co-responsables de la crise. Mais ces mêmes épargnants, en modifiant leur manière de consommer et leur rapport à l’argent, ont aussi une capacité à peser pour changer la donne et sortir de la crise par le haut. Les enjeux d’information et d’éducation à l’argent et à la finance sont de ce point de vue essentiel, pour permettre aux citoyens de poser un acte juste.

3 réponses to “Reconnaître et diffuser une autre approche du risque financier et bancaire.”

  1. Amélie Artis dit :

    Un des enjeux de la finance solidaire réside comme évoqué dans la responsabilisation des épargnants. Pour les épargnants déjà solidaires, il faut aussi développer un nouveau rapport à l’épargne en encourage la transition de l’épargnant-client et l’épargnant-donateur (celui qui donne une partie des revenus du capital) à un épargnant- associé. Un épargnant qui soit associé dans le suivi des entreprises financées et associé dans le choix des investissements.

  2. TG pour Le Labo de l'ESS dit :

    Tout à fait. D’autant plus que que le dispositif législatif français en faveur du don est aujourd’hui très avantageux, tellement avantageux que la croissance des dons de ces dernières années est essentiellement financée par l’Etat (avantages fiscaux), les Français donnant environ la même chose depuis 10 ans (à pression fiscale équivalente, les français donnent 6 fois moins que les Suédois). Voir travaux Cerphi & Recherche & Solidarités.

    L’avenir est au développement d’un épargnant citoyen économique, associé comme vous dites « dans le suivi des entreprises financées et associé dans le choix des investissements ».

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