Renforcer la participation des salariés et de leurs représentants dans la gouvernance des entreprises.
Le nécessaire changement de paradigme sur l’entreprise implique de remettre en cause le droit de propriété exclusif des actionnaires sur l’entreprise (plus précisément sur l’affectation des bénéfices, le choix des dirigeants et des orientations stratégiques) et de reconnaître la légitimité d’autres parties prenantes – et notamment celle des salariés – à peser sur les décisions du management et à lui réclamer des comptes.
Il s’agit ainsi de les faire reconnaître dans leur rôle de co-producteur de la richesse de l’entreprise et de contrebalancer le pouvoir des actionnaires. En effet, le capital humain devient de plus en plus le facteur décisif de réussite et de compétitivité des entreprises et il est légitime que les salariés influent le gouvernement de l’entreprise.
Cette influence peut se concrétiser de trois manières, non exclusives l’une de l’autre.
1. La généralisation de la présence d’une « masse critique » d’administrateurs salariés au sein des conseils d’administration et leur pleine participation aux différents Comités. Il ne s’agit pas d’une co-gestion et d’un brouillage des rôles, mais plutôt pour un droit d’intervention et de contrôle sur les décisions stratégiques de l’entreprise, les rémunérations des dirigeants, l’usage des bénéfices.
2. Instaurer un droit de reprise des activités par les salariés sous forme de coopérative (ou de mutuelle), en cas de licenciements collectifs, de fermeture de site, de délocalisation ou de transformation ou création de nouvelles activités. Ce droit ne peut être réellement effectif que s’il est accompagné d’un appui financier des salariés repreneurs. Par exemple, en leur permettant de récupérer en une fois tout ou partie de leur indemnité chômage, en vue de les investir dans l’entreprise.
3. Un élargissement des prérogatives des comités d’entreprise et des autres représentations des salariés, avec, par exemple, un droit de regard suspensif sur toute décision majeure concernant l’emploi et l’investissement ou l’obligation de le faire signer par une majorité de représentants du personnel les « plans de sauvegarde de l’emploi » (PSE).


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Votre analyse est pertinente mais …. incomplète ! De grâce, poursuivez la plus avant ! Allez jusqu’au bout de votre analyse et observez que le droit de propriété détenu par un actionnaire est un amalgame frauduleux entre un droit aliénable – que l’actionnaire détient légalement – et deux droits inaliénables qui ne lui appartiennent pas du tout mais qui sont néanmoins usurpés par l’actionnaire.
Je ne peux m’étendre longuement ici et vous invite donc à visiter ce site (http://grosjean-philippe.eu ) et, plus particulièrement, la section de ce site consacrée à l’INVESTARIAT (http://www.grosjean-philippe.eu/spip.php?rubrique28 ). Le talon d’Achilles du système est le SALARIAT. C’est ce statut qui doit être aboli et replacé.
Je souhaite vivement avoir l’occasion de vous rencontrer pour en débattre plus profondément.
Cordialement.
Je viens de lire d’intelligentes réflexions mais aussi des utopies face à la sociologie humaine. Dans de nombreux cas, ne croyez vous pas qu’il soit nécessaire de connaitre les valeurs d’un collaborateur ou d’un dirigeant avant de s’engager ensemble ?
Il semble que dans la course à un monde meilleur, trop d’intervenants oublient qu’il est encore plus facile de trouver un travail (lorsque l’on recherche) plutôt qu’un Amoureux…
Que dans un couple composé de deux individus qui se choisissent, beaucoup veulent être libre malgré la responsabilité parentale, on veut des droits sans les devoirs… mais un couple fonctionne que lorsque chacun contribue aux attentes de l’autre. Pour prévenir de l’avenir incertain, il est même conseillé de s’unir avec un contrat de séparation de biens !!!
Un développeur d’intérêts économiques (l’employeur), le staff d’encadrement hiérarchique et son contributeur économique (le collaborateur) se doivent les mêmes efforts… dans le but de partager la richesse créée.
Soyons objectif, pour notre statut de travailleur en France, comme en Amour, le temps de la soumission est révolu. Mais de grâce, n’oubliez pas que la perception du bonheur sera différente pour chacun des 10 investisseurs, des 10 collaborateurs ou de 10 couples voisins. Fort heureusement pour l’humanité, chacun est unique !
En tant que salarié, je rêvais d’un monde où le profit n’était pas le moteur, mais ou la performance des employés qui font l’entreprise, serait récompensée ; 2 solutions :
- pérenniser l’emploi par l’investissement dans l’outil pour être meilleur demain
- distribution à chaque acteur du profit lorsque le Capitaine sait que l’entreprise a les réserves nécessaires.
Dirigeant d’une EI depuis 2 ans, créateur de 40 Emplois temps plein, actionnaire majoritaire et investisseur des 15 années d’économies de mon foyer familial, j’ai réussi à créer la structure dans laquelle je peux faire grandir des individus en difficultés. Je n’ai pas réussi à créer une structure dans l’ESS autrement qu’en investissant des fonds personnels, alors je n’imagine pas en faire don demain …
Dans le cadre du respect des autres, je veux bien dire que personne n’est inemployable mais face au désintérêt de certains, je n’imagine pas confié le droit de vote, la possible gouvernance à ceux qui ne veulent pas s’impliquer dans la vie de la cité, de la société, et dont l’intérêt personnel passe avant le respect d’autrui ou le devoir de citoyen.
Si je peux quitter l’entreprise pour récupérer mes deniers (et l’hypothèque de ma maison!!!) avant de céder aux collaborateurs (sous statut SCIC) qui ont construits la réputation de l’entreprise, je réaliserai plus qu’un projet et concrétiserai un rêve, celui du partage de richesse, de générosité, de responsabilité.
Pour avoir côtoyer beaucoup de monde dans ma vie de Surveillant, Enseignant, Militaire, Ouvrier, Cadre, Dirigeant, il serait bon que chaque parent réalise l’éducation de son enfant afin qu’adulte, il devienne un investariat : « celui qui investit dans le travail, ses compétences, son savoir être et ses savoirs faire dans le but de récupérer une contribution morale, financière, équitable, de la part de son employeur (public ou privé).
Dans un monde idéal et pour être dans une relation gagnant-gagnant entre les 2 contributeurs à la création de valeur ajoutée, je rêve que :
49 % du capital (et des droits de votes assimilés), incessibles, devraient être attribués au collège des collaborateurs (à répartir sur la masse, tout statut confondu, avec un maximum de 1% par collaborateur pour les créations).
L’exonération du résultat annuel réinvesti dans l’entreprise ou immobilisé 5 ans en CCA (puisque l’on manque de capitaux propres pour croître ou combattre)
Je resterai disponible pour débattre des différences d’analyses…
Cordialement. FF
L’entreprise humaine manque de sens lorsque elle ne s’inscrit pas dans une démarche de construction dans le temps.
En ce sens, la volatibilité du capital financier comme du capital humain sont néfastes à un engement humain sain et à une évolution productive.
Normalement, le capital humain est plus attaché humainement à son emploi ; il doit donc avoir la primauté sur l’apporteur de capitaux qui en tant que tel vient chercher un placement satisfaisant et un bénéfice financier, 2 objectifs moins porteurs d’éthique productive en-soi.
Il me semble qu’il ne faut pas réinventer le modéle des SCOP qui existe déjà (et pourquoi limiter ce statut à la reprise d’une entreprise par les salariés ?) mais le faire sortir de l’anecdotique. En effet, le partage de l’outil de travail et la répartition des richesses en fonction de travail et pas du capital est une vision qui a tout son sens face à la crise financière et aux dérives du capitalisme, qui n’est même plus du capitalisme mais de l’ultra libéralisme.
Les SCOP tracent une voie étroite mais pertinente, elles sont complétement dans l’économie mais inventent un autre modéle. Pas simple d’ailleurs…
Salarié et patron, patron et salarié, gérant mais avec une seule voix.
Cela demande beaucoup d’équilibre et de l’apprentissage collective.
Un constat : actuellement la création d’entreprise est surtout favorisée de façon trés classique : création de SARL, EURL ou statut d’auto entrepreneur qui comporte bien des aspects négatifs et peut parfois être le miroir aux alouettes. Le monde de l’ESS doit s’interesser aux créateurs d’entreprises et leur proposer d’autres alternatives. L’ESS doit absolument innerver des pans de l’économie et de la société pour enfin constituer une vraie alternative.