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Démocratie et Open data

Impression ForumPublié le 9 avril 2013 

Les racines de l’Open data mettent la démocratie au cœur du mouvement d’ouverture des données publiques qui a émergé dans les années 2000 dans les pays anglo-saxons et se développe en France.


Aux Etats-Unis, au moment de son élection en 2008, Barack Obama est un ardent promoteur de l’open data Open data ou mouvement d’ouverture des données , et plus globalement du gouvernement ouvert Gouvernement ouvert Définition . L’équipe d’Obama a su aller à la rencontre des militants puis des électeurs : la participation était au cœur de la campagne. Le réseau social dédié, www.mybarrackobama.com, a permis la mobilisation. Les citoyens américains ont été dès la campagne impliqués dans le mode de gouvernement que le ’We President" entendait proposer. Le premier jour de son mandat, Barack Obama a signé trois mémorandums dont précisément deux sur le sujet de l’open government ("gouvernement ouvert"). Il à invité en particulier les administrations et agences fédérales à appliquer la transparence, la participation et la collaboration. La plateforme data.gov est lancée en mai 2009 ; elle met aujourd’hui à disposition plus de 3.000 données publiques.

En Grande Bretagne, en 2006, des journalistes du Guardian ont publié une lettre en faveur de l’ouverture des données publiques à partir du constat suivant : le contribuable finance, par l’impôt, des agences gouvernementales, qui doivent donc lui rendre des comptes en publiant leurs données. Du journalisme de données ("data journalism"), on passe à un véritable mouvement [1] citoyen en faveur de l’open data de toutes les données d’intérêt général : élections, finances locales et nationales, heures d’ouverture et accessibilité des infrastructures publiques... A tel point notamment qu’en juin 2009, le Premier Ministre, Gordon Brown, annonce la nomination de deux conseillers du gouvernement pour les questions d’ouverture de données : Tim Berneers-Lee – considéré comme l’inventeur du web – et Nigel Shadbolt. Le travailliste David Cameron, qui lui succède en 2010 à la tête du gouvernement britannique, confirme ces deux chercheurs informatiques dans leur fonction. Le portail data.gov.uk est lancée en janvier 2010 et constitue un modèle à suivre.

En France, le mouvement en faveur de l’Open data est récent ; depuis 2010 plusieurs collectivités ont initié des démarches d’open data : l’Etat (mission Etalab, portail de l’open data, Charte de déontologie des membres du gouvernement de mai 2012 [2]), des conseils régionaux et généraux (Région Aquitaine, Conseil Général de Saône et Loire…) et une bonne dizaine de grandes villes et agglomérations (Nantes, Rennes, Toulouse, Montpellier, Lyon, Strasbourg, Lille…). Il sort encore trop timidement des cercles d’experts, notamment ceux des acteurs du numérique ; quelques associations comprennent l’importance de mettre en avant les données de leur territoire dans des domaines aussi cruciaux que la santé, le logement, l’emploi, l’agriculture, l’alimentation, l’éducation, la culture… Ces associations montrent que l’ouverture des données, par la transparence qu’elle induit, favorise le dialogue entre les acteurs publics et les citoyens. Elle permet aussi la participation et l’implication des acteurs privés dans la production de données d’intérêt général (places de stationnement, accessibilité des bâtiments publics, localisation et horaires des transports…).


[1Mouvement accentué par le scandale des notes de frais des députés britanniques en mai 2009.

[2Lors du premier Conseil des ministres, le 17 mai 2012, François Hollande a fait signer à tous les membres du gouvernement, une charte de déontologie rappelant notamment leur "devoir de transparence", leur "scrupuleux respect des dispositions garantissant l’accès des citoyens aux documents administratifs" et leur engagement à "mener une action déterminée pour la mise à disposition gratuite et commode sur Internet d’un grand nombre de données publiques".

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