Le Labo de l’ESS est un think tank qui construit, par un travail collaboratif, des axes structurants de l’économie sociale et solidaire, à partir d’initiatives concrètes, innovantes et inspirantes issues des territoires.

Accueil > L’ESS au quotidien > COVID-19 > [Tribune] Le pari de la coopération vivifiante

[Tribune] Le pari de la coopération vivifiante

Impression ForumPublié le 3 mai 2020 

Que choisir au sortir de la crise du coronavirus qui aura affaibli l’économie et accentué les inégalités ? La fausse sécurité du retour en arrière ou le pari de l’innovation sociale, écologique et territoriale ? Compagnon de route du Labo de l’ESS ESS Le terme d’Économie sociale et solidaire regroupe un ensemble de structures qui reposent sur des valeurs et des principes communs : utilité sociale, coopération, ancrage local adapté aux nécessités de chaque territoire et de ses habitants. Leurs activités ne visent pas l’enrichissement personnel mais le partage et la solidarité pour une économie respectueuse de l’homme et de son environnement. , et ancien président de France Active, je suis convaincu que la France et l’Europe (!) doivent et peuvent faire le pari de la coopération Coopération Acteurs qui ont des intérêts similaires qu’ils planifient ensemble, où ils négocient leurs rôles mutuels et partagent des ressources pour atteindre un objectif commun tout en maintenant leur identité vivifiante.

Chacun sent bien que le système actuel, qui concentre à l’excès les pouvoirs et les richesses et épuise les ressources naturelles, ne s’orientera pas spontanément vers un développement juste et durable. Et que l’État, soumis à tant d’intérêts et de pressions contradictoires, ne détient pas, à lui seul, la solution. Le gouvernement a d’ailleurs décidé une sortie progressive et différenciée, « girondine » en quelque sorte, d’un confinement totalement « jacobin ».

Au plus vif de la crise sanitaire, mille initiatives ont surgi pour faire face à une situation dramatique : les soignants sont admirables de dévouement et d’inventivité ; les associations veillent sur les plus fragiles ; les services publics n’ont pas désarmé ; les maires sont au front ; les circuits vitaux d’alimentation sont maintenus par des entreprises résolues.

L’urgence des mois qui viennent est de ne pas laisser périr des milliers d’entreprises qui n’ont plus de clients et ne les retrouveront que très progressivement. Ce sont des grandes firmes sur lesquelles l’État se penchera par priorité (en posant des conditions écologiques ?). Mais ce sont aussi un grand nombre de PME de l’économie commerciale, ainsi que des centaines d’entreprises de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS ESS Le terme d’Économie sociale et solidaire regroupe un ensemble de structures qui reposent sur des valeurs et des principes communs : utilité sociale, coopération, ancrage local adapté aux nécessités de chaque territoire et de ses habitants. Leurs activités ne visent pas l’enrichissement personnel mais le partage et la solidarité pour une économie respectueuse de l’homme et de son environnement. ) : entreprises associatives, coopératives, sociétés commerciales à but non lucratif.

Et il faut préparer la suite, c’est-à-dire la transition d’une économie de compétition mondiale, de concurrence entre les individus, de gaspillage des ressources rares, vers une économie tout simplement sociale et solidaire, et qui plus est, écologique. Une telle économie ne se décrète pas mais les études passées du Labo de l’ESS démontrent que de vigoureuses jeunes pousses soulèvent les feuilles mortes du passé.

Les domaines sont nombreux et tous d’avenir : les économies d’énergie avec l’éco-bâtiment ; les énergies renouvelables promues non par de grands chantiers nationaux qui ne dépassent guère le stade de la communication mais par des initiatives citoyennes ; le recyclage ; la culture populaire ; la formation aux métiers du numérique ; l’agriculture vivrière à proximité des villes ; la santé et le care au plus près des usagers ruraux ou périurbains.

Deux mots-clés pour cette ESS innovante : coopération Coopération Acteurs qui ont des intérêts similaires qu’ils planifient ensemble, où ils négocient leurs rôles mutuels et partagent des ressources pour atteindre un objectif commun tout en maintenant leur identité et proximité. Le schéma commun est celui du « circuit court », où les voisins ont la joie de travailler ensemble pour que l’agriculture bio alimente les cantines de la ville proche, pour que l’énergie solaire ou éolienne chauffe ou rafraîchisse les riverains, pour que l’épargne solidaire s’investisse dans les projets qui naissent de l’autre côté de la route, pour que le ciné-club réunisse les amateurs de beauté.

La « coopération » est une idée qui remonte aux premières duretés du capitalisme et du centralisme excessif. Le Labo a montré combien elle peut être une idée puissante dans la crise actuelle. La « Coopérative Coopérative Une coopérative est un groupement d’individus (commerçants, consommateurs, producteurs…) choisissant de mettre leurs moyens en commun afin de satisfaire leurs besoins. d’Activités et d’Emplois » (CAE CAE Coopérative d’activités et d’emploi ) apporte la sécurité aux chômeurs créateurs d’entreprises. La « Société Coopérative d’Intérêt Collectif Intérêt collectif Littéralement, il s’agit bien de l’ensemble des avantages ou des bénéfices dont peut profiter une collectivité spécifique. Il ne faut donc pas le confondre avec l’intérêt général qui vise le plus grand nombre. Par exemple, dans la dénomination des SCIC, le terme d’intérêt collectif désigne les différents collèges qui composent leur sociétariat et non l’utilité sociale qu’elles se sont donnée.

Source :CNCRESS
 » (SCIC SCIC Société Coopérative d’Intérêt Collectif. ) permet aux salariés de reprendre une entreprise classique en difficulté et aux habitants d’un territoire de lancer des projets innovants ; l’avantage est que les Communautés de communes ou les Régions peuvent entrer au capital pour donner le coup de pouce nécessaire au démarrage.
Que chaque territoire ait au moins une CAE et une SCIC !

En résumé, pour créer des emplois, pour rétablir le lien social, pour restaurer la confiance dans l’avenir, créons des coopérations innovantes, des circuits courts Circuits Courts Définition du concept de circuits courts vivifiants. Et convainquons l’État et l’Europe qu’une des portes de sortie de la crise est l’Économie Sociale et Solidaire et qu’elle mérite un volet ambitieux dans les futurs Contrats de plan qui stimuleront l’investissement de proximité.

Christian Sautter
Vice-président du Labo de l’ESS

Postez un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Nous suivre