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Encadrer l’échelle des rémunérations dans l’entreprise

Impression ForumPublié le 28 novembre 2011 

L’entreprise étant le lieu fondamental de production de richesses économiques, il est essentiel, pour lutter contre les inégalités, de s’intéresser à celles qui se produisent en son sein.


A la fin du 19ème siècle, le banquier JP. Morgan affirmait que l’échelle des salaires au sein de l’entreprise ne devait pas dépasser 1 à 20. H. Ford avait ensuite placé le niveau à 1 à 40… Mais à partir des années 1980, les écarts explosent aux Etats-Unis, pour atteindre 1 à 500 voire un à plusieurs milliers !

Alors que ces enjeux ont été longtemps ignorés du débat public, la crise et les scandales liés aux montants des bonus, parachutes dorés et salaires des dirigeants des banques et autres entreprises aidées par l’Etat les ont remis avec force sur le devant de la scène. Ces rémunérations, leur justification et leur progression, non seulement déconnectées des réalités des salariés, le sont aussi des performances réelles des entreprises concernées. Le maintien de tels niveaux et écarts de revenus est d’autant moins justifiable dès lors qu’il se nourrit d’aides publiques massives financées par les contribuables.

La réflexion sur l’encadrement des rémunérations apparaît aujourd’hui légitime pour l’opinion publique, les syndicats et même une partie du patronat.
Cette réflexion pourrait se concrétiser de différentes manières : intégration dans les travaux sur la répartition de la valeur ajoutée (à l’ordre du jour de l’agenda social), recommandation de « bonne pratique » RSE RSE Responsabilité sociale des entreprises (mise en place d’un encadrement de l’échelle des salaires issu d’une délibération des parties prenantes), réglementations relatives (à des secteurs, des tailles d’entreprise, des territoires, etc.) ou absolues (plafond universel d’écart des salaires), etc. Elle passe aussi par une revalorisation des bas salaires par un lien effectif avec les compétences professionnelles et la qualification exercées.

Certains plaident même pour l’instauration d’un salaire maximal ou d’un revenu maximum admissible (qui serait le pendant du SMIC), soit fixé par la loi, soit instauré de fait grâce à un taux d’imposition marginal supérieur à 90 % pour les salaires dépassant un seuil défini démocratiquement. Cette idée, jugée saugrenue il y a encore un an, émerge dans le débat public, et intéresse de plus en plus des économistes, intellectuels ou chercheurs. Elle demeure néanmoins très difficile à mettre en œuvre.

Ces différentes voies doivent faire l’objet d’un débat démocratique, associant notamment les partenaires sociaux.

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