Le Labo de l’ESS, association reconnue d’intérêt général, est un think tank qui construit, par un travail collaboratif, des axes structurants de l’économie sociale et solidaire, à partir d’initiatives concrètes, innovantes et inspirantes issues des territoires.

Accueil > Le Labo de l’ESS > On parle de nous > Environnement magazine - Transition énergétique : les positions des (...)

Environnement magazine - Transition énergétique : les positions des candidats

Impression ForumPublié le 7 avril 2017 

A l’appel d’un collectif d’ONG, d’acteurs de l’énergie et de l’ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
, les représentants de François Fillon, Benoit Hamon, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon ont présenté la vision des candidats sur la transition énergétique.

Cet article a été publié le 07 avril, par Thomas Blosseville, pour l’Environnement Magazine.

Viser 15 % d’énergies renouvelables entre les mains des citoyens et des collectivités à l’horizon 2030. C’est l’objectif suggéré aux candidats à l’élection présidentielle par un collectif d’ONG, d’acteurs de la transition énergétique ou de l’économie sociale et solidaire. De la fiscalité aux outils de planification, les ONG ont formulé une série de propositions pour atteindre cette cible (des propositions à retrouver ici). Qu’en pensent les candidats ? Pour le savoir, les ONG ont reçu les représentants de quatre d’entre eux le 5 avril. Chacun a exposé les grands lignes de la stratégie de son candidat en matière de transition énergétique. Ils ont montré de profondes divergences.

François Fillon : épargner le nucléaire
François Fillon était représenté par Bertrand Pancher. Le député UDI a exprimé une « grande interrogation quant à nos capacités internationales, européennes et nationales à atteindre nos objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre ». Il a aussi mis en avant les incertitudes pesant sur la disponibilité des technologies de stockage d’électricité et sur l’évolution des coûts de production d’énergie.

Face à ces incertitudes, il demande une révision des objectifs fixés par la loi de transition énergétique et par la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). « Il nous faut reposer la question de l’adéquation entre les moyens et les objectifs. » Réclamant « une PPE crédible », il ne remet pas officiellement en cause les cibles pour les énergies renouvelables. « Le monde de demain sera un monde de production décarboné avec un mix énergétique comprenant une grande part de renouvelables, un développement du numérique et une implication croissante des citoyens consommateurs », assure-t-il. En revanche, il juge inatteignable l’objectif de réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité. Sans préciser à quoi ressemblerait selon François Fillon une stratégie plus réaliste. Ni prouver qu’un maintien du nucléaire était compatible avec un développement des renouvelables.

Puisque le débat sur l’énergie ne se limite pas à l’électricité, notons que Bertrand Pancher est le seul à avoir spontanément et explicitement appelé à « faire des efforts beaucoup plus importants sur la chaleur renouvelable ». Sans être contredit sur ce point par les autres intervenants.

Benoit Hamon : soutenir les territoires
Benoit Hamon était représenté par Ronan Dantec. « La transition énergétique ne se fera pas de la même façon si l’on sort du nucléaire ou si l’on reste dans l’ambiguïté », a insisté le sénateur écologiste. « Le cap de Benoit Hamon est clair : une génération pour sortir du nucléaire. » Reste à préciser comment y parvenir. Le premier levier, selon Ronan Dantec, est de donner les moyens aux territoires d’agir : un milliard d’euros pour soutenir les collectivités locales à condition qu’elles aient réalisé leurs documents de planification comme les plans climat air énergie territoriaux (PCAET) et les schémas régionaux d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (Sraddet).

Autre enjeu : l’épargne des citoyens. « Il faut des systèmes simples pour l’orienter facilement vers les projets », défend le sénateur. « Il faut un système de garantie pour les épargnants qui investissent dans la transition énergétique. » Contraint de s’éclipser avant la fin du débat, Ronan Dantec n’aura pas précisé comment concilier décentralisation et égalité des territoires. Ni comment faciliter l’acceptabilité d’une sortie du nucléaire.

Emmanuel Macron : être pragmatique
Corinne Lepage a fait preuve de franchise : elle aimerait qu’Emmanuel Macron soit plus ambitieux sur la transition énergétique. Mais la présidente de Cap 21 a tout de même représenté le candidat d’En Marche et défendu « un programme très pragmatique ». Efficacité et sobriété énergétique, développement des renouvelables, fermeture de centrales nucléaires… « Notre programme se base sur les objectifs de la loi de transition énergétique. » Emmanuel Macron ne se positionne certes pas clairement pour une sortie du nucléaire. « Mais il est en phase avec la majorité de la population française qui n’est pas encore totalement convaincue », loue Corinne Lepage. Elle met en avant la méthode Macron : s’appuyer sur un audit de l’autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour connaître l’état des centrales et le coût de leur éventuelle prolongation, comparer les prix du nucléaire et des autres solutions… « Quand on voit la compétitivité des énergies renouvelables, le résultat me paraît évident. » En clair, il faut comprendre que le pragmatisme économique d’Emmanuel Macron joue en faveur de la transition énergétique.

Par rapport à ce que dit aujourd’hui la loi, « Emmanuel Macron souhaite aller plus loin sur l’autoconsommation. De voir ce qui la bloque et d’y remédier. » L’un des obstacles porte sur le modèle économique de l’autoconsommation, en particulier sur la participation des autoconsommateurs au financement des réseaux électriques. Corinne Lepage n’aura pas eu le temps de formuler des propositions sur ce point. Tout juste a-t-elle évoqué la délicate question de la pérenité de la péréquation tarifaire. A partir du moment où l’on décentralise le modèle énergétique, comment maintenir la solidarité et l’égalité entre les consommateurs et les territoires ?

Jean-Luc Mélenchon : nationaliser
« La transition énergétique, plus largement la transition écologique, est l’horizon que nous souhaitons donner au prochain quinquennat. Nous sommes prêts à y mettre les moyens nécessaires », a promis Julien Armijo, représentant de Jean-Luc Mélenchon. Concrètement ? « Notre planification écologique, c’est une loi cadre et un commissariat à la planification écologique qui inègrera des groupes de citoyens, des déclinaisons départementales... »

Le bras armé de Jean-Luc Mélenchon dans la transition énergétique serait un pôle public de l’énergie. Il serait créé par « la nationalisation d’EDF, d’Engie, des grandes fermes éoliennes, des grands barrages hydroélectriques... » Ce pôle public serait chargé d’assurer une égalité d’accès à l’énergie avec une part de consommation gratuite et, au-delà, une tarification progressive en fonction du volume consommé. En parallèle, Jean-Luc Mélenchon compte créer un pôle public bancaire en nationalisant plusieurs grandes banques.

Retrouvez l’integralité de l’article sur Environnement Magazine.

Postez un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Nos partenaires média

Nous suivre