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Grandes transformations de l’emploi : Pourquoi ces évolutions ?

Impression ForumPublié le 20 février 2017 

Les origines de ces évolutions, liées aux transformations de l’économie mondiale, sont multifactorielles. Quelques éléments, qui interagissent, permettent d’en cerner les grandes lignes. Extrait de la publication "Transformer l’emploi, redonner du sens au travail".

Retrouvez l’intégralité de la publication ici...

La mondialisation non régulée de l’économie

Elle entraine l’éclatement de la chaine d’élaboration et de production des produits sur l’ensemble de la planète et met en concurrence les salariés de tous les pays. Elle génère du chômage en Europe, spécifiquement en France, et aboutit à un rapport de force défavorable aux actifs face aux employeurs. Les entreprises ont de
plus en plus recours à l’externalisation sous toutes ses formes (sous-traitance en cascade, salariés poussés à devenir auto-entrepreneurs, etc.) et tendent à ne conserver des salariés que dans un coeur de métier toujours plus restreint.

La financiarisation

Dans le secteur capitaliste mondialisé (multinationales et entreprises exposées à la concurrence mondiale), les nouvelles règles du jeu actionnarial font primer l’intérêt des actionnaires et l’imposent aux autres parties prenantes des entreprises. Elles asservissent les entreprises à la recherche des profits à court terme pour les actionnaires, au détriment des salariés, des clients, des fournisseurs, de l’investissement et de l’emploi.
Seul, le secteur économique localisé non exposé à la concurrence mondiale (services à la personne, entreprise familiale, commerce, artisanat, dont bâtiment, ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
, etc.) échappe à cette logique.

La transformation numérique

Définie par la conjonction de la robotique, de l’automatisation, de l’intelligence artificielle, des plateformes numériques et des Big data, la transformation numérique est considérée par beaucoup comme une nouvelle révolution industrielle. Elle bouleverse mondialement les modes de production, les lieux de captation de la
valeur et les modèles d’affaires. Elle accélère et amplifie la transformation des formes d’organisation de la production.
Lors de la première révolution industrielle, le développement du machinisme et l’invention de la division du travail ont rendu très productive la réunion des travailleurs dans un même lieu. L’entreprise s’est alors imposée comme la forme dominante d’organisation du travail. Aujourd’hui, la mondialisation et le numérique questionnent l’utilité de cette forme d’organisation et la remettent en cause. Si l’aboutissement de ce mouvement est encore incertain, une évidence s’impose : la transformation numérique pousse à l’évolution des formes d’emploi et au développement du travail non-salarié. De plus, les nouvelles formes d’intermédiation numériques “floutent“ la distinction entre activité, travail et emploi. Ainsi, le consommateur coproduit de plus en plus de services (par exemple réservation de billets) et participe à la destruction d’emplois traditionnels, sans qu’une quelconque contrepartie ne soit donnée à sa contribution à la création de valeur.
Les conséquences de la mutation numérique sont controversées. Pour certains, elle pourrait faire disparaitre des millions d’emplois dans les décennies à venir. L’étude The future of employment menée en 2013 à l’Université d’Oxford par Carl Frey et Michael Osborne conclut qu’à horizon 2020, 47 % des emplois aux États-Unis ont une probabilité forte d’être automatisés, 19 % une probabilité moyenne et 33 % une probabilité faible.

3 millions d’emplois
pourraient être détuits d’ici 2025 en
raison de cette mutation numérique.
47% des emplois aux Etats-Unis
ont une forte probabilité d’être
automatisés à horizon 2020.

En France, l’étude du Cabinet Roland Berger anticipe la destruction de 3 millions d’emplois d’ici 2025, sans entraîner nécessairement la création de nouveaux emplois en nombre équivalent. Dans les deux études, les disparitions concernent des emplois de services de la classe moyenne - banque, assurance, services juridiques, communication, etc. – jusqu’à présent relativement préservés. Certains prédisent même une société future automatisée, ne nécessitant que très peu d’emplois et de travail humains.
Une telle éventualité impose dès à présent de penser différemment la place de l’emploi et du travail danété.

Lire la publication Transformer l’emploi, redonner du sens au travail...
(« Transformer l’emploi, redonner du sens au travail », p.10)

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