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(In)former sur l’Open data par le "do it yourself"

Impression ForumPublié le 8 avril 2013 

Pour sortir le sujet du microcosme des geeks et des spécialistes de la donnée, la FING et la Cantine de Rennes sensibilisent le grand public et les acteurs de l’ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
à l’Open data Open data ou mouvement d’ouverture des données , avec des ateliers pratiques et pédagogiques. Une bonne façon de rendre concrètes toutes les innovations que le mouvement d’ouverture des données peut inspirer.

De quelles innovations économiques et sociales le numérique est-il porteur pour favoriser une société dans laquelle les valeurs de l’ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
ont toute leur place (solidarité, démocratie, coopération, mutualisation, juste répartition des richesses, transparence, pédagogie…) ? Les spécialistes en sont convaincus : l’open data Open data ou mouvement d’ouverture des données ne résoudra pas cette vaste question ; en revanche, il met en lumière tout l’enjeu pour les associations, les citoyens et la démocratie de se saisir des opportunités proposées par le numérique pour rendre concrètes ces valeurs. Encore faut-il s’en rendre compte… quelques-uns de ces acteurs convaincus proposent ainsi des ateliers, animations, tables rondes pour faire découvrir aux citoyens et aux associations toutes les possibilités offertes par l’open data. La FING (Voir "la démocratisation de l’open data, un enjeu citoyen") poursuit ses actions en ce sens, avec une nouveauté : une campagne de développement d’Infolabs. La Cantine numérique, à Rennes, en est un bel exemple : engagée depuis plusieurs années sur le sujet, elle multiplie les occasions de rencontres pour conquérir le grand public autour des données ouvertes.

"Et si demain chaque quartier disposait d’un Infolab ?"

Tout part d’un constat de la FING : "Trop de personnes sont encore exclues [de l’Open data] : savoir repérer, lire, interpréter, exploiter, produire, discuter des données est difficile et nécessite des compétences, des outils, des méthodes. Les acteurs des territoires – entreprises, associations, citoyens - se sont à peine penchés sur le sujet… qui reste presque exclusivement dans les mains des geeks. Il est donc nécessaire de développer plus largement une culture de la donnée." De là est née la volonté de développer des InfoLabs citoyens dans toute la France : des lieux de sensibilisation, d’expérimentation et de débat autour des enjeux de la donnée. Comme l’expriment Charles Népote et Amandine Brugière, chefs de projet, l’objectif est de diffuser cette culture "sur le terrain", au service des entreprises et des acteurs des territoires, en partenariat avec des associations et structures engagées dans la médiation numérique. Le premier s’est déroulé lors de la manifestation "Paris citoyen", en novembre 2012 :

La FING développe ces Infolabs dans toute la France, dans des espaces de médiation et d’interaction ou "tiers lieux" déjà existants - au premier rang desquels les espaces publics numériques (EPN) [1] - ou en création. Se rencontrent dans ces lieux les habitants d’un même territoire et les fans du numérique. Par le partage d’expériences et l’échange, tout un chacun peut enrichir ses connaissances sur l’open data, en découvre l’utilité au quotidien (transports, santé, alimentation, citoyenneté…), des projets et des applications socialement innovants émergent.

La Cantine de Rennes, un "tiers lieu" précurseur de l’Open data

Née en 2010, la Cantine numérique de Rennes est le type même d’espace de médiation ou "tiers lieu" dans lequel la FING implante ses Infolabs : un lieu pour travailler en co-working, échanger, se rencontrer, se former, débattre, créer de l’intelligence collective entre acteurs locaux d’un territoire et geeks… Elle est installée aux "Champs libres", un bâtiment moderne dessinée par Christian de Portzampac, où se retrouvent les acteurs culturels locaux. En plus du foisonnement de projets lié au lieu, la Cantine rassemble des acteurs emblématiques de la dynamique d’ouverture des données : la métropole rennaise a en effet été pionnière en la matière. Avec l’aide de Kéolis, elle a été une des premières collectivités en France à proposer librement les données du réseau de transports publics.

Simon Chignard, vice-président de la Cantine et auteur du seul ouvrage français sur l’open data [2], fait partie de ces acteurs engagés. Il assure la diffusion de la culture de la donnée sur la métropole rennaise et prône une approche pédagogique. A la Cantine, il anime des "barcamps" [3] au cours desquels les participants partent recueillir des données dans la rue (panneaux de signalisations, stations de vélo ou de taxis, arrêts de bus, prénoms, noms de famille, composition de produits alimentaires…). "Partant du principe qu’il n’y a pas une demande forte d’open data, notamment du fait que le sujet est peu connu du grand public, nous commençons par montrer aux participants qu’on peut recueillir des données sans ouvrir un ordinateur. A partir de là, nous créons des jeux de données et des applications : cartes, infographies..." S’ajoutent à ces ateliers des rencontres en face à face pour permettre des échanges de pratiques et de besoins entre tous acteurs de l’open data (citoyens, fonctionnaires – et notamment responsables des systèmes d’informations géographiques / SIG -, politiques, associations, développeurs, presse locale…) et "construire de la confiance" au bénéfice du développement des projets d’Open data.

Un mouvement est en marche, les exemples de « tiers lieux » devraient se multiplier dans les mois à venir. D’autant plus que l’Etat encourage ces initiatives. En effet, la mission qui auprès du premier ministre est chargée de développer l’open data en France, Etalab, a présenté fin février "la feuille de route du gouvernement en matière d’ouverture et de partage des données publiques". Il est indiqué que "l’Etat soutient l’engagement des citoyens et des associations autour des données publiques au profit d’une action publique moderne et renouvelée".


[1Les espaces publics numériques ont été déployés dans toute la France depuis la fin des années 1990 dans le cadre de programmes nationaux ou territoriaux visant à développer l’accès public et l’accompagnement à Internet.

[2"Open data - Comprendre l’ouverture des données publiques", FYP éditions, mars 2012.

[3Le nom de Barcamp vient du monde des hackers et du logiciel libre : c’est une rencontre qui prend la forme d’ateliers participatifs où chaque personne doit apporter quelque chose ; il n’y a pas de spectateur.

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