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La lettre du président du Collectif Roosevelt

Impression ForumPublié le 25 novembre 2016 

Ce texte a été publié par le Collectif Roosevelt le 14 novembre 2016, à la suite des résultats des élections présidentielles aux Etats-Unis.

Quand l’impensable se produit et que le monde semble basculer vers le chaos, pour éviter de perdre pied, il faut absolument faire mémoire de ce qui dans notre histoire nous a permis de mettre à distance la barbarie.
Souvenons-nous ainsi de la déclaration de Philadelphie adoptée en 1944, au sortir de la guerre :
“Une paix durable ne peut être établie que sur la base de la justice […] Tous les programmes d’action et mesures prises sur le plan national et international, notamment dans le domaine économique et financier, doivent être appréciés de ce point de vue et acceptés seulement dans la mesure où ils apparaissent de nature à favoriser, et non à entraver, l’accomplissement de cet objectif fondamental.”

Or, nous dit Alain Soupiot : “C’est la perspective inverse qui préside à l’actuel processus de globalisation : à l’objectif de justice sociale a été substitué celui de la libre circulation des capitaux et des marchandises, et la hiérarchie des moyens et des fins a été renversée. Les quatre libertés proclamées par Roosevelt (la liberté de parole, liberté de religion, libération du besoin et libération de la peur) ont cédé la place à la libre circulation des capitaux et des marchandises et à la concurrence sans entrave. Au lieu d’indexer l’économie sur les besoins des hommes, et la finan­ce sur les besoins de l’économie, on indexe l’économie sur les exigences de la finance et on traite les hommes comme du « capital humain » au service de l’économie.”

Comment s’étonner, lorsqu’on oublie les fondements de la démocratie et de la justice sociale, que ceux qui n’ont plus rien à perdre, réduits à du “capital humain”, véritable “chair à canon” de la mondialisation financière se tournent vers les “boni-menteurs”, aujourd’hui comme hier. Et comment le leur reprocher quand les responsables politiques refusent d’entendre leurs cris, aux USA aujourd’hui, comme en Grèce, au Portugal, en Europe et partout dans le monde.

Ce qui se passe au Etats-Unis nous menace aussi directement en France.
Dans la peur et les rancoeurs, c’est le cerveau reptilien qui prend le dessus. L’émotionnel envahit tout. L’argumentation rationnelle n’a plus prise. Alors le contenu du discours, aussi pauvre soit-il, importe peu, pourvu que la forme apaise l’angoisse provoquée par le sentiment de ne plus avoir d’avenir et d’avoir perdu ses repères.

Alors que faire ?
Bien sûr nous devons continuer à travailler, réfléchir et construire nos propositions. Mais cela n’est plus suffisant. Nous devons être toujours plus à l’écoute de ceux qui sont en perdition, même si leurs discours nous choquent, ne pas chercher à avoir “raison”, entrer en dialogue et manifester notre confiance indéfectible dans l’humain. Il n’y a pas de fatalité, la société du bien vivre est possible.

Aux impératifs de justice sociale s’ajoutent aujourd’hui ceux de justice climatique. La COP 22 à Marrakech donnera-t-elle l’impulsion indispensable alors que les engagements de la COP 21, notoirement insuffisants, nous placent sur une trajectoire de 3°C, et que les modalités d’abondement du fonds climatique de 100 milliards de dollars destiné aux pays les plus pauvres sont encore très floues ?

Encore une fois, tournons-nous vers nos aînés qui ont su, au coeur de la barbarie et du désastre, entrer en résistance et imaginer “les jours heureux”. Ils n’étaient pas nombreux, mais ils étaient déterminés.
Aujourd’hui les jeunes à l’initiative de “Les Jours Heureux – le pacte” ont repris le flambeau, et le Collectif Roosevelt s’engage pleinement à leurs côtés. A l’arrivée de leur marche à Paris, le 5 novembre, Claude Alphandéry, ancien résistant, a fait un parallèle entre les combats d’hier et d’aujourd’hui. Nous ne risquons pas (encore) notre vie, mais nous devons, comme nos aînés, mener nos combats pour la justice avec courage et bâtir “nos nouveaux jours heureux”.

Notre pire ennemi serait le découragement. Le moment de la mobilisation générale est venu.

Bruno Lamour, président du Collectif Roosevelt

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La réunion de lancement des Etats Généraux du Pouvoir Citoyen a eu lieu le 12 octobre 2013, dans les locaux de la Bourse du travail de Paris. Des représentants de plus de 140 collectifs et associations étaient présents. Ils ont confirmé l’importance de se relier et de coopérer, pour gagner en force et en visibilité, mais aussi pour produire du sens et pour faire émerger des propositions d’action.

http://eg-pouvoir-citoyen.org/

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