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La transition énergétique française en mouvement

Impression ForumPublié le 21 juillet 2016 

Réunis le 12 juillet à l’initiative du Labo de l’ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
, d’Orée et de la Fabrique écologique, des acteurs majeurs de la transition énergétique française ont tenu des échanges instructifs au siège du Groupe La Poste. L’occasion de faire un point sur les perspectives de la politique énergétique française, l’implication des entreprises mais également des citoyens dans cette transition.

Accueillis par son PDG, Philippe Wahl, les participants ont pu apprendre que Le Groupe La Poste possède la plus grande flotte de voitures électriques au monde. La généralisation d’une livraison propre et 100% renouvelable se heurte cependant à quelques défis soulevés par M. Wahl et laissés en débat à l’Assemblée, tels que l’intégration du coût de la dépollution par les opérateurs économiques. Le choix de La Poste ne serait pas économiquement fondé et relèverait aujourd’hui davantage de la conviction.

Suite à la COP21 et l’aboutissement à des accords historiques, garder la flamme en perspective de la COP22 qui se déroulera au Maroc est crucial. Un changement d’échelle important des initiatives prises sur les territoires est incontournable pour Géraud Guibert, Président de la Fabrique écologique et animateur de la première table ronde. Financement, accompagnement, mobilisation des acteurs locaux : une politique ambitieuse portée par l’ensemble des parties prenantes manque encore à la France.

S’inscrire dans l’après COP21

Pour Corinne Bouchoux, Sénatrice de Maine-et-Loire, la transition énergétique passe avant tout par une révolution culturelle. Particulièrement dans un pays marqué par une grande centralisation de l’énergie. Un seul opérateur contrôlant plus de 90% du marché et de la distribution. Soulignée par Olivier Perot, président de France Energie Éolienne, l’appropriation citoyenne constituera un facteur clé de réussite dans ce domaine.

Ce changement de paradigme induit une profonde transformation dans les administrations mais également auprès des citoyens sous le signe de la co-construction. Le facteur clé serait par conséquent l’éducation selon Corinne Bouchoux. Ajoutant que la loi sur la transition énergétique étant votée, il est désormais temps que des objectifs ambitieux soient déclinés au niveau des collectivités avec des moyens généreux pour former à cet enjeu, avec l’aide des acteurs de l’ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
et des entreprises.

A ce titre, la Contribution Climat Energie (CCE) a été citée comme pourvoyeuse de financements. Donner l’opportunité aux acteurs de se projeter sur le long terme est crucial pour les acteurs de la transition (moyens financiers, contraintes ou leviers économiques sur plusieurs années, …).

Tirer parti des innovations et bonnes pratiques

Plusieurs avancées techniques, financières ou structurelles ont pu être exposées et méritent que l’on s’y attarde pour en tirer des bonnes pratiques.

Variable clé de la transition énergétique, la réduction des consommations a été évoquée lors de l’intervention d’Emmanuel Normant, Directeur du Développement durable de Saint-Gobain. La rénovation thermique des bâtiments est une activité importante du groupe qui souhaite réinventer l’habitat sous le signe du confort et du développement durable. Conscient des limites techniques d’une rénovation en profondeur du parc immobilier, Saint-Gobain a notamment créé le principe de passeport de logement permettant de suivre l’évolution des habitations pour les amener progressivement en classe énergétique A ou B.

Pour le volet financement de la transition énergétique, Jean-Eric Fournier, Directeur du Développement Durable du ‎Groupe Foncière des Régions a présenté le principe de Green Bonds. Émanant des entreprises, des institutions bancaires ou des collectivités, ils peuvent constituer un levier considérable. Un moyen également d’encourager l’investissement socialement responsable ou de renforcer la politique RSE RSE Responsabilité sociale des entreprises d’une entreprise.

D’un point de vue technique, François Fiancette, Pilote d’Affaires, Direction du Développement Durable de RTE (Réseau de Transport d’Électricité), a pu présenter le principe deSmart Grid. Une distribution intelligente grâce notamment à une optimisation de la production en fonction de la consommation. Le principal frein étant le stockage. L’autoconsommation pouvant être un optimum. Tesla a par exemple déjà commencé à répondre à cette problématique en vendant des batteries domestiques aux citoyens. Le numérique est au centre de cette révolution du monde de production et de consommation.

Enfin, une bonne pratique interne à l’entreprise a été présentée par Hèlene Valade, directrice du développement durable chez Suez. L’engagement sur le prix interne du carbone mis en place dans l’entreprise permet d’installer une sorte d’acculturation à la comptabilité carbone, de conduire les investissements et programmes d’Innovation et Recherche en tenant compte de l’évolution du prix du carbone.

Favoriser l’implication citoyenne pour plus d’efficacité

Hugues Sibille, président du Labo de l’ESS a pu introduire les propos d’une table ronde dédiée à la transition énergétique portée par les citoyens en s’appuyant sur les travaux du Labo. Ses 8 propositions doivent notamment permettre de faire passer à 15 % la part des projets citoyens dans la production d’électricité verte à l’horizon 2030. Il invite par ailleurs les entreprises de l’ESS à participer à sa campagne « 1000 structures de l’ESS s’engagent ».

La France connait en effet, un retard important par rapport à d’autres pays européens comme l’Allemagne dont 50% de l’énergie est produite avec ou par les citoyens. Justine Peullemeule, Animatrice nationale d’Energie Partagée a pu présenter les projets de production d’énergie citoyenne que l’association Association Une association est le regroupement d’au moins deux personnes, mettant leurs activités ou leurs connaissances en commun, par un contrat d’association (contrat de droit privé). L’objectif de cette convention doit avoir un but autre que le partage de bénéfices entre les parties, d’où l’appellation d’"association à but non lucratif". soutient par un accompagnement et des financements issus du crowdfunding Crowdfunding Littéralement, signifie "Financement par la foule" ; traduit en français par "finance participative". . Des projets qui redonnent du pouvoir aux citoyens capables de se réapproprier la question énergétique, la gestion de leur territoire, le sens de leur action collective ou de l’utilisation de leur argent.

La production d’énergie est également un moyen pour les citoyens d’en tirer un complément de revenu. A titre d’exemple, les agriculteurs de Fermes de Figeac, initiative présentée par Dominique Olivier, touchent un complément équivalent au SMIC grâce à cette activité. 4 millions d’euros ont été levés auprès des agriculteurs de cette coopérative Coopérative Une coopérative est un groupement d’individus (commerçants, consommateurs, producteurs…) choisissant de mettre leurs moyens en commun afin de satisfaire leurs besoins. afin de mutualiser la pose de panneaux photovoltaïques, notamment, sur les toits des étables. Un PTCE PTCE Pôles territoriaux de coopération économique. a été créé afin de permettre une mutualisation et une coopération renforcée sur le territoire et au-delà.

Réaliser un projet utile sur son territoire, ce serait le leitmotiv des projets de production d’énergie citoyenne. La production d’énergie serait donc un moyen, non une fin. Albane Gaspard, Socio-économiste à l’Ademe tirait ainsi les premières conclusions d’études sur les EnR participatives. Des projets qui se heurtent à de réelles difficultés et qui pour beaucoup ressemblent à un parcours du combattant.

La problématique d’une législation peu favorable pousse ces acteurs à parfois conduire des actions aux limites de la légalité. Une législation stable et favorable à leur développement est donc aujourd’hui cruciale. La transition énergétique française est en mouvement mais les conditions du développement de l’appropriation citoyenne restent à créer.

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