Le Labo de l’ESS est un think tank qui construit, par un travail collaboratif, des axes structurants de l’économie sociale et solidaire, à partir d’initiatives concrètes, innovantes et inspirantes issues des territoires.

Accueil > L’ESS au quotidien > L’actu de l’ESS > Le Labo rend hommage à Jean-Pierre Worms

Le Labo rend hommage à Jean-Pierre Worms

Impression ForumPublié le 22 juillet 2019 

Le Labo de l’ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
était présent lors de l’émouvante cérémonie d’hommage à Jean-Pierre Worms où plusieurs de ses amis ont pris la parole. Parmi eux, Claude Alphandery, notre Président d’Honneur et Hugues Sibille, notre Président ont prononcé les mots suivants :

Les mots de Claude Alphandery :

C’était un vrai bonheur de cheminer avec toi, Jean Pierre. Un bonheur puisé dans ce respect d’autrui, mieux, dans cette empathie qui te portait vers les autres et qui créait et diffusait confiance et optimisme autour de toi.

Ce n’était certes pas inconscience des misères ni des menaces pesant sur l’humanité ; tu dénonçais les mauvais coups avec acharnement, mais ça ne contrariait pas, ça renforçait l’effet de ton souffle, de tes engagements, de tes liens de fraternité.

Liens qui sans doute t’avaient permis de surmonter ton désarroi, le choc de la solitude après la terrible épreuve de la maladie et de la mort de Myriam.

Liens de fraternité, sources d‘optimisme et de tant bonheur individuel que collectif, qui s’attachaient à la fois à réparer les injustices, à donner accès aux biens essentiels et à construire un autre monde ; tu ne séparais pas tes engagements dans de multiples initiatives particulières et dispersées d’une vision globale de la société ; tu cherchais toujours à inscrire des expériences de terrain, de proximité dans un vaste mouvement, un écosystème transformateur.

Cette démarche, ces derniers mois, s’appliquait en particulier à deux grands projets : les jeux olympiques de la transition écologique et solidaire et la fusion d’Initiative France dont tu étais un fondateur et de France Active. Tu insistais sur les valeurs de solidarité et de renouveau que ces projets comportaient. Et ce souci persistant faisait que jusqu’au clair-obscur de tes derniers jours tu insufflais, mêlés à la tristesse l’envie et le courage de militer pour un monde meilleur respectueux de l’humain et de la nature. Merci, Jean-Pierre.

Claude Alphandery, 18 juillet 2019

Les mots de Hugues Sibille :

Mon cher Jean Pierre

Notre première rencontre date de fin 1981, je m’en souviens comme d’hier. Claude Neuschwander nous présenta dans la petite maison de la rue Mayet en disant :
« Hugues, voici mon grand ami Dudule » !

Avec ta haute silhouette, ta classe naturelle, ton regard si intelligent, tu m’impressionnas aussitôt. Je connaissais tes écrits de sociologue et tu étais alors "Monsieur le député", qui plus est secrétaire de la Commission des Lois de l’Assemblée Nationale. Tu étais un Seigneur et moi un ptit gars, mais de nombreux points de jonction créèrent aussitôt une vive complicité : le PSU, Rocard, la sociologie, Jean Daniel Reynaud, le refus viscéral du stalinisme, le goût de l’entrepreneuriat...Tout de suite je me suis senti proche de toi et tu allais apporter énormément à mes engagements avec cette incroyable bienveillance qui était ta marque. Chaque homme, chaque femme rencontrés était ton égal, sans jugement, en pleine fraternité.

De ce jour de 1981 nous n’avons plus cessé d’exercer ensemble notre pouvoir d’agir et sommes devenus de grands amis.

J’ai conservé l’habitude de t’appeler parfois « Dudule » par affection et le faisais encore la semaine dernière à l’institut Curie où tu résistais à la mort en souriant. Il faisait très chaud dans cette chambre, tu souffrais et respirais difficilement, mais tu te mis à me parler de tes utopies pour les jeux olympiques. C’était toi.

« Vivre et résister » titre du livre de l’ami Claude Alphandery, pourrait aussi résumer ce que fût ton si beau parcours.

Tu aimais passionnément vivre et tu as résisté jusqu’à ton dernier jour aux injustices et à toutes les noirceurs du monde.

Ton père, Jean Worms, chef de réseau, médaille de la résistance, déporté et mort au camp de Flossenbürg t’avait montré l’exemple.

Plus tard, cet automne, nous retracerons dans le détail ton parcours si riche et exemplaire : sociologue, auteur, maire adjoint, député, rapporteur de lois essentielles, fondateur de France Initiative, président de Cime, de la Fonda entre bien d’autres responsabilités inspirantes.

Mais aujourd’hui c’est d’abord le cœur et l’émotion qui parlent mon cher Dudule, et nous avons le cœur très très lourd.Ta présence rayonnait d’une humanité et d’une légèreté exceptionnelles qui rendait la vie plus facile.

Comment allons-nous faire sans elles ?

Les femmes t’aimaient, parce que tu étais un bel homme et gracieux, mais surtout parce qu’il n’y avait en toi aucune trace de la lourdeur ou de la vulgarité souvent présente chez les mecs. Ta part de sensibilité et d’intuition féminines était évidente.

Je regrette de ne pas avoir su te dire suffisamment la grande admiration que tu nous inspirais. Mais tu étais si modeste ! Jamais on ne te vit prendre part aux nombreuses batailles d’Ego si habituelles aux mondes de la Recherche, de la politique ou de l’ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
où tu évoluas.

Ce que j’admirais tant chez toi c’était ta capacité équidistante à penser et à agir. Les vrais hommes d’action sont ceux qui pensent d’abord et tu étais magnifiquement de ceux-là. Tu pensais et repensais sans cesse le monde où tu vivais. Mais jamais pour faire de la spéculation intellectuelle.

Ce n’est pas par hasard si tes écrits récents portaient sur le « pouvoir d’agir ». Sociologue, tu analysais et aidais à comprendre le monde, syndicaliste et militant associatif tu t’opposais à ses dérives, homme politique tu prenais tes responsabilités pour le changer. Et tu étais tout cela ensemble, toujours cohérent, toujours dans l’Unité d’un Homme comme le disait Jacques Delors.

Tu maniais superbement le Verbe, mais jamais gratuitement, toujours avec un objectif concret et constant de transformation sociale. Je garde un souvenir ému de nos réunions des débuts de France Initiative rue Mayet. Tu mettais alors les mains dans le cambouis des Initiatives locales. Je n’oublie pas non plus que ton action déterminée a relancé la Fonda lorsqu’elle battait de l’aile.

La mort de la femme de ta vie, de celle que tu aimais depuis vos 17 ans t’avait si profondément affecté que tu ne t’en étais pas vraiment remis. Nous déjeunions alors souvent ensemble et tu me disais pudiquement ton désarroi. J’espère que vos Esprits se rejoignent maintenant et se donnent la main. Je fais aussi le vœu que la bienveillance de ton Esprit reste durablement parmi nous.

Nous t’aimerons longtemps Jean Pierre Worms, cher Dudule et nous t’embrassons une dernière fois de toute notre grande affection.

Hugues

Postez un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Nous suivre