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Le Nouvel Économiste - La RSE des associations et fondations

Impression ForumPublié le 19 octobre 2016 

Tout comme la pluspart des entreprises aujourd’hui, les associations et les fondations seront de plus en plus appelées à s’interroger sur leur propre empreinte sociale et écologique. . Cette démarche peut contribuer à leur développement et constitue également un levier fort d’attractivité, de fidélisation et de motivation des salariés comme des bénévoles. La responsabilité sociale et environnementale étant par nature au cœur de l’engagement des associations qui servent l’intérêt général, il suffit alors de formaliser et d’évaluer des bonnes pratiques déjà en place.

Cet article, publié le 13 octobre 2016, a été rédigé par Ezzedine el Mestiri pour Le Nouvel Économiste.

Tandis que les entreprises intègrent de plus en plus les préoccupations sociales et environnementales, les associations et les fondations tentent tant bien que mal d’envisager une démarche RSE RSE Responsabilité sociale des entreprises . Ainsi, depuis 2011, le Centre français des fonds et fondations a élaboré un guide pour présenter les démarches possibles de mise en place du développement durable. En octobre 2014, Jean-Pierre Vercamer, associé responsable Associations et fondations au cabinet Deloitte, a réalisé une étude sur la mesure de performance dans les associations : “On assiste à un profond changement de culture managériale dans l’univers du monde associatif. Des enquêtes de satisfaction permettraient de savoir si les associations accomplissent bien et correctement leurs missions auprès de leurs publics. Cette mesure de la performance, différente de la RSE, peut se pratiquer en interne, tandis que l’évaluation, faite par des auditeurs d’agences externes, a un coût que les petites associations risquent de ne pas pouvoir supporter”, explique-t-il.

La réduction des financements publics ne conduit pas seulement les responsables du secteur associatif à une diversification de leurs ressources, mais à une différenciation par rapport à leurs concurrents. Or une démarche RSE peut contribuer à son développement. “Le monde associatif préfère parler de responsabilité sociale et environnementale des organisations (RSO) pour marquer que sa responsabilité n’est pas exactement la même que la RSE des entreprises, car le développement durable offre deux entrées distinctes. D’un côté, en tant qu’acteur et mobilisateur de la société civile, il peut jouer un rôle essentiel pour porter la parole des citoyens, tout en sensibilisant, éduquant, formant au développement durable, constate Hugues Sibille, président de la Fondation Fondation Définition crédit coopératif et du Labo de l’ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
. De l’autre côté, en tant que personne morale souvent gestionnaire de services et acteur économique, il doit travailler sur ses responsabilités propres de maîtrise des consommations, de politique d’achat, de qualité environnementale de ses équipements, de traitement de ses déchets, etc.”

Un mouvement embryonnaire
Exemplaire, l’association Association Une association est le regroupement d’au moins deux personnes, mettant leurs activités ou leurs connaissances en commun, par un contrat d’association (contrat de droit privé). L’objectif de cette convention doit avoir un but autre que le partage de bénéfices entre les parties, d’où l’appellation d’"association à but non lucratif". Vivre, qui œuvre depuis son origine à l’inclusion sociale et professionnelle des personnes en situation de handicap, a intégré dans son fonctionnement la responsabilité environnementale. Un partenariat a été conclu avec l’entreprise d’insertion Élise qui récupère et assure le recyclage des déchets papiers des établissements et services. Vivre a également adhéré à l’Association de mutualisation et de maîtrise des achats qui valorise les produits éco-labellisés. “C’est en ne renonçant à aucune de ses valeurs et de ses savoir-faire dans la co-construction de passerelles sociétales que Vivre s’est engagée dans la démarche RSE, soutenue par des professionnels identifiés ‘référents DD’ associés à des usagers volontaires et convaincus, souligne le docteur Pascal Cacot, directeur général de l’association. Dès lors, contribuer à soutenir un état d’esprit et une mentalité qui permettent de regarder et de faire son activité autrement devient une nouvelle expression de notre engagement associatif.”

Cette exigence de la RSE ne porte pas uniquement sur les projets et les programmes déployés par l’association, mais bien sûr l’ensemble de ses activités. “Le secteur associatif constitue un poids économique important, qui représente plus de 165 000 structures avec 1,8 million de salariés. À la différence de l’entreprise, une association ou une fondation doit gérer ses bénévoles et compter surtout sur ses fidèles donateurs pour renforcer ses acquis et se développer, remarque Julia Fernandez, déléguée générale de l’Institut des dirigeants d’associations & fondations (IDAF). Certaines associations, en pleine mutation sur leur modèle économique, profitent de ce moment pour réfléchir sur leur fonctionnement, leur gouvernance Gouvernance Définition et leur impact sur l’environnement. C’est dans ce cadre qu’elles peuvent adopter une démarche RSE. Cependant, ce mouvement reste embryonnaire.”

Si plusieurs structures évoquent souvent dans leur rapport annuel toute leur attention portée à leur responsabilité sociale et environnementale, elles demeurent rares à s’exprimer sur le sujet. “Dans une démarche de développement durable, nous cherchons à réduire les impacts négatifs des interventions humanitaires – qu’ils soient économiques, sociaux ou environnementaux – et à promouvoir des solutions efficaces au-delà de la période d’urgence…”, lit-on ainsi dans le dernier rapport de l’association Action contre la faim.

Une prise en compte inégale
Aujourd’hui, peu d’organisations s’interrogent réellement sur leur propre empreinte sociale et écologique. “Auditeur au sein du cabinet de près de 200 associations et fondations, je constate que peu d’entre d’elles pratiquent cette démarche, mais leurs dirigeants commencent à y penser. Nous allons dans ce sens mais c’est encore embryonnaire”, note Jean-Pierre Vercamer. Chez certaines, ce thème a progressé grâce à l’impulsion des dirigeants, ou à la suite d’initiatives de salariés ou de bénévoles. Chez d’autres, cette articulation entre les missions sociales, sociétales, et la notion du développement durable reste à réaliser. “Des milliers d’organisations ont des bonnes pratiques en matière de handicap, de réduction d’inégalités salariales ou en matière en écologie. Malheureusement, elles ne les formalisent pas pour en mesurer l’impact et les évaluer grâce à des indicateurs, indique Julia Fernandez. La RSE représente l’opportunité de mettre en évidence les valeurs portées et les actions déployées par le secteur associatif pour y gagner des bénéfices en termes d’image, des économies liées à une meilleure utilisation des ressources, la loyauté des salariés et des bénévoles, leur implication, leur bien-être et une meilleure réputation de l’organisation.”

Le public est sensible à cette démarche qui fournit notamment la possibilité de développer un impact positif sur la société, d’améliorer sa réputation, de favoriser l’acceptation sociale des activités et de renforcer les relations avec les parties prenantes. “Les organisations RSO sont plus ‘globalement performantes’ que celles qui ne le sont pas, comme l’a montré France Stratégie. Cela vaut pour les associations. Il faut insister en la matière sur deux points : la gouvernance et les ressources humaines. La gouvernance associative peut et doit encore progresser en valorisant sa spécificité démocratique. De même au plan des RH, les associations, à la différence des entreprises, ont pour tâche d’animer de façon responsable et cohérente les ressources bénévoles et celles des salariés”, précise Hugues Sibille.

Mesurer sa performance
Plus de 30 000 associations voient le jour chaque année. Si cela représente un signe de vitalité solidaire, il n’en demeure pas moins que le secteur vit aussi sous le signe d’une concurrence plus accrue. Les besoins d’actions augmentent, et pour maintenir le lien de confiance avec les citoyens, les associations doivent se différencier. “Leurs dirigeants sont tenus de veiller à évaluer la pertinence et la portée de leur projet, à s’interroger sur la politique suivie pour assurer sa mise en œuvre. Dans le même esprit, l’estimation doit porter sur l’utilité sociale des missions de l’association et la qualité des prestations fournies, note Jean-Pierre Vercamer. Un simple questionnaire suffit souvent à mesurer la satisfaction du destinataire et indiquer la performance d’une action déployée. Cette détermination de la performance assure la pérennité de l’action et évalue l’adhésion des membres et des partenaires.”

Le thème de la responsabilité sociale est pris en compte, tante en ce qui concerne les questions de qualité de vie au travail que des thématiques relevant des interactions entre exercice professionnel et questions de société. “Chez nous, le thème de la laïcité a été travaillé quelques mois après les attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan, indique Pascal Cacot, de l’association Vivre. Nous avons fait appel aux techniques du théâtre pour jouer ensemble, en assemblée générale avec les personnels, les variations possibles sur des petites scènes de la laïcité ordinaire. Ceci sera renouvelé dans quelques semaines avec les professionnels et les personnes accueillies, tant il est vrai que cette question de citoyenneté concerne tout un chacun.”

Lire la suite sur le site du Nouvel Économiste.

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