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Les Emplois d’AVenir, résultats d’une enquête de l’UDES

Impression ForumPublié le 17 septembre 2014 

Le 30 octobre 2012, l’Union des Employeurs de l’Economie Sociale et Solidaire (l’UDES) s’engageait aux côtés de l’Etat sur le dispositif des Emplois d’AVenir – EAV – pour soutenir son déploiement et assurer sa promotion auprès de ses adhérents et des employeurs de l’ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
. En juin 2014, paraissaient les résultats d’une enquête menée en début d’année auprès des dirigeants et responsables de l’UDES sur le déploiement du dispositif, après un an d’existence.
Nous vous en livrons les grandes tendances.

Les emplois d’avenir ont pour ambition d’améliorer l’insertion professionnelle et l’accès à la qualification des jeunes de 16 à 25 ans, peu ou pas qualifiés, confrontés à des difficultés particulières d’accès à l’emploi. Ce dispositif a été créé pour offrir une première expérience professionnelle réussie et durable au jeune, accompagnée d’un développement de compétences pour évoluer vers un autre emploi.

Le contexte
L’enquête a été menée auprès de 324 structures de l’ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
qui ont répondu directement au questionnaire en ligne. Près de 8 établissements sur 10 ayant moins de 50 salariés.

  • 99% des répondants ont un statut associatif : fondation Fondation Définition reconnue d’utilité publique, union territoriale de mutuelles, établissement public, entreprise sociale.
  • 15% des répondants sont implantés en Rhône-Alpes et 8% en Poitou-Charentes, viennent ensuite l’Ile-de-France et la région Provence Alpes Côte d’Azur qui présentent 7% chacune.

Les employeurs qui ont recruté des Emplois d’AVenir
240 sondés ont embauché au moins un emploi d’avenir depuis le lancement du dispositif en novembre 2012. Cela représente 568 emplois d’avenir signés avec une prise de poste effective.
De 2012 à mi-2014, on constate une réelle montée en puissance des embauches, avec une proportion très majoritaire de femmes depuis mi-2013. Un contrat signé sur deux est un CDD de 3 ans et un tiers des CDD de moins d’un an.
77% de ces structures ont moins de 50 salariés et une entreprise sur deux a entre 10 et 49 salariés ; présence de 10 structures de plus de 250 salariés, principalement dans les réseaux de l’aide à domicile, centres sociaux et du sanitaire et médico-social.
La répartition sur le territoire est assez bonne (métropolitain majoritairement) avec une contribution plus importante de la région Rhône-Alpes (15%), puis les régions Poitou-Charentes et PACA (8%) et l’Ile de France (7%).

Les employeurs qui n’ont pas embauché d’Emplois d’AVenir
Sur les 324 répondants, seuls 26% n’ont pas embauché d’emploi d’avenir. Pour un tiers, cela s’explique par des équipes au complet ou l’incapacité à créer un poste en EAV dans un contexte économique difficile. Certains font part d’une baisse d’activité (voire de déficit) et souhaitent tout mettre en oeuvre pour maintenir les emplois existants avant de recruter une personne nécessitant un accompagnement important. Pour d’autres, les autorités de tarification et de contrôle n’ont pas autorisé les embauches en EAV.
Les autres freins identifiés sont, entre autres, l’inadéquation entre les profils ciblés par les EAV et leurs besoins : de nombreux métiers de l’ESS étant réglementés, il n’est pas possible d’embaucher un jeune sans qualification ; la condition limitative du niveau de diplôme empêche des recrutements, et l’exception de qualification pour les jeunes relevant de ZUS ou ZRR, est trop restrictive. Une double concurrence des dispositifs publics d’emploi est à croiser avec les besoins en compétences des entreprises qui préfèront s’orienter vers des CAE CAE Coopérative d’activités et d’emploi (Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi) pour pouvoir trouver du personnel qualifié ou diplômé.

L’UDES, précise que, « d’une manière générale, les employeurs souhaitent recevoir les jeunes en EAV dans les meilleurs conditions possibles pour pouvoir exercer un vrai tutorat. Lorsque ces conditions ne sont pas réunies, ils préfèrent s’abstenir. Nous considérons cet élément, malgré tout, comme positif car il révèle une vraie attention accordée aux jeunes en EAV.  »

Caractéristiques des jeunes en Emploi d’Avenir
Le « profil moyen » des jeunes est une jeune femme entre 19-22 ans ayant un niveau CAP/BEP de formation. Les employeurs de l’ESS ont « bien joué le jeu » du dispositif en embauchant des jeunes peu ou pas qualifiés, un constat renforcé par le fait que les jeunes résidant dans des zones relevant de la politique de la ville, Zones Urbaines Sensibles (ZUS) et Zones de Requalification Rurales (ZRR), représentent 42% des emplois d’avenir signés.
Les CDI représentent 13%, très forte prédominance du temps plein sur l’ensemble des contrats (85%), le temps partiel restant plutôt marginal comme recommandé dans le cadre du dispositif.
91% de ces jeunes étaient toujours en poste au moment de l’enquête. Les ruptures à l’initiative de l’employeur ou celles à l’initiative des jeunes représentent chacune, une part de 4%.
A l’issue des contrats en CDD, 37% des employeurs déclarent envisager de proposer un CDI aux jeunes, mais 43% préfèrent attendre avant de se prononcer, soit pour des raisons économiques et budgétaires, soit parce que, le jeune étant trop récemment embauché, ils n’ont pas de visibilité concrète sur ses compétences réelles.

Répartition des postes/fonctions des EAV
Sur 327 contrats : 42% sont sur des postes relevant de l’animation et du sport ; 18% dans l’intervention à domicile ; 15% exercent des fonctions administratives ou de l’accueil.
Les hommes sont plus présents sur les fonctions d’animation, du sport ou encore sur les postes de maintenance, de restauration et d’entretien.

Analyses et retours des employeurs sur le dispositif des Emplois d’AVenir
Les employeurs expriment une difficulté à « trouver le jeune » et un dirigeant parle d’une «  trop grande différence entre leurs exigences et leurs compétences ou capacités. Les jeunes attendent que l’employeur s’adapte à leur projet et non l’inverse ».

Les dirigeants font part de la motivation réelle et reconnue de la part des jeunes mais ils n’excluent pas qu’il s’agisse, pour la plupart des jeunes, d’une découverte du monde professionnel, d’où des difficultés en matière d’assiduité, d’implication dans la formation, des horaires ou encore de la fatigue…

Les dirigeants font part de la motivation réelle et reconnue de la part des jeunes mais ils n’excluent pas qu’il s’agisse, pour la plupart des jeunes, d’une découverte du monde professionnel, d’où difficultés avec l’assiduité, l’implication dans la formation, les horaires ou encore la gestion de la fatigue…

En ce qui concerne les relations avec les prescripteurs, elles ont été perçues de façon positive par l’échantillon mais certains points sont à souligner tels que les lourdeurs administratives qui prennent beaucoup de temps, le fait que Pôle Emploi leur ait présenté des profils de candidats moins ciblés/adaptés, voire non éligibles au dispositif.
Sur la formation, les remarques ont été plus critiques : problème d’accès à la formation qui est trop loin du domicile/travail du jeune, la programmation ou encore les horaires ne conviennent pas au poste. 
Il y a un déficit d’information sur les aides régionales et les offres de formation spécifiques pour les emplois d’avenir de la part des différents OPCA.

Pour conclure, les employeurs précisent qu’il faut laisser du temps sur ce type de dispositif pour que le jeune puisse s’inscrire dans le projet et son poste. C’est bien l’une des particularités des emplois d’avenir et les employeurs l’ont bien intégré puisque comme le souligne l’un d’entre eux : « cela fait partie du jeu ! ».

Portail de l’emploi dans l’ESS

L’UDES- Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire - est l’organisation multiprofessionnelle de l’économie sociale et solidaire (associations, mutuelles, coopératives, fondations).
Elle fédère 27 groupements et syndicats d’employeurs et 14 branches et secteurs professionnels. Avec plus de 70 000 entreprises, employant plus d’1 million de salariés, l’UDES rassemble 80% des employeurs fédérés de l’économie sociale et solidaire.

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