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Les emplois d’avenir : un projet bien inspiré, à préciser

Impression ForumPublié le 10 septembre 2012 

Dans une tribune publiée lundi 10 septembre par Libération, les représentants des réseaux de l’insertion - dont Claude Alphandéry et Richard Debauve, membres du Conseil du Labo - appellent le Gouvernement et le Parlement à une vigilance sur plusieurs points.


Source : Libération, 10 septembre 2012

Mesure phare du candidat Hollande reprise par le gouvernement, les emplois d’avenir doivent permettre de lutter contre le chômage des jeunes non qualifiés, en leur proposant un emploi assorti d’un accompagnement et de formations développant leurs compétences.

Bien inspiré dans son intention, le projet, tel qu’il est présenté au Parlement, est encore imprécis et incomplet dans ses propositions de mise en œuvre. Un jeune non qualifié et sans expérience professionnelle ne pourra accéder durablement à l’emploi uniquement par une embauche en contrat aidé. Celui-ci a besoin non seulement d’acquérir des compétences professionnelles, mais également de retrouver une confiance en lui et en sa capacité de réussite. Un travail d’accompagnement et de formation est ainsi indispensable. Faute d’intégrer ces principes, on court le risque de placer les jeunes en situation d’échec ou de les cantonner à des emplois non qualifiés.

Les employeurs ne doivent pas assumer seuls cette responsabilité. Pôle Emploi, dont les moyens viennent d’être renforcés, doit pouvoir les soutenir dans leur mission d’accompagnement. Les missions locales et les associations peuvent apporter leur concours en assurant le suivi de ce travail de formation, leur capacité de médiation et d’orientation vers des acteurs spécialisés permettant de résoudre les difficultés connexes qui menacent le maintien dans l’emploi (santé, logement, etc.).

Les employeurs doivent également bénéficier de fonds et d’un appui des acteurs de la formation professionnelle. Compte tenu de la complexité des dispositifs de formation, il importe de pouvoir les conseiller pour qu’ils puissent mobiliser ces outils de la manière la plus efficace possible.

Depuis plus de trente ans, les Structures d’insertion par l’activité économique (SIAE) recrutent et accompagnent chaque année près de 250 000 personnes éloignées de l’emploi, jeunes et moins jeunes. Les emplois d’avenir doivent donc s’appuyer sur leur expérience reconnue en matière d’organisation du travail, de suivi et de formation des salariés, au cœur de leur métier, mais aussi de déploiement d’activités créatrices de biens et services de portée sociale et environnementale.

Le gouvernement n’a cependant que peu consulté ce secteur au moment de créer les emplois d’avenir, alors même qu’il formule des propositions claires pour donner toute son efficacité à cette mesure et plus largement, aux politiques de lutte contre le chômage. Le projet de loi doit citer nommément ces structures et les prendre prioritairement en compte parmi les organismes non lucratifs pouvant bénéficier de ces contrats.

Il est indispensable d’aller plus loin, à l’exemple de ce qui est prévu pour l’enseignement : le gouvernement doit faire confiance à leur capacité d’embauche, leurs pratiques d’accompagnement, leur aptitude à développer des services novateurs, et leur fonctionnement démocratique en leur réservant un lot spécifique d’une vingtaine de milliers d’emplois d’avenir.

Les réseaux de l’Insertion par l’activité économique (IAE IAE Insertion par l’activité économique ) ont fait part au nouveau gouvernement et aux partenaires sociaux de leur ambition : doubler dans les cinq ans à venir le nombre de personnes salariées grâce à l’IAE, tout en renforçant la qualité de l’accompagnement proposé.

Ils attendent un signal fort et des moyens à la hauteur de cette ambition. Sans articulation des mesures d’accès à l’emploi et sans politique globale cohérente, le chômage, notamment des moins qualifiés, restera une dure réalité.

Claude Alphandéry président du Labo de l’ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
(Economie sociale et solidaire) et les présidents du collectif IAE (réseaux d’Insertion par l’activité économique) : Louis Gallois président de la Fnars
Laurent Laïk, président du CNEI, Pierre Langlade président de Coorace et Jacques Pouly président de Cocagne, Christophe Deltombe président d’Emmaüs France, Richard Debauve président d’Envie, Emmanuel Stephant président de Chantier Ecole, René Esquenet président de l’Unai et Robert-Jacques Caquineau président de Tissons la solidarité.

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