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Optim-ism, des paniers solidaires pour régaler les étudiants

Impression ForumPublié le 25 octobre 2016 

L’association Association Définition Optim-ism qui fait partie du réseau Jardin de Cocagne, expérimente la livraison de paniers de fruits et légumes auprès des étudiants, à l’Université de Bretagne Sud (UBS) de Lorient. C’est l’une des actions développées par l’association pour toucher un public le plus large possible sur les circuits courts Circuits Courts Définition du concept de circuits courts solidaires et l’agriculture biologique.

Optim-ism fait partie des initiatives qui construisent des ponts entre une diversité d’acteurs : collectivités, universitaires, particuliers, populations en difficulté, monde agricole, milieu de l’insertion, entreprises traditionnelles… Elle est rattachée au Réseau Cocagne, une association Association Définition intervenant dans le champ de l’insertion par l’activité économique qui regroupe 120 Jardins de Cocagne actifs et en création en France.

C’est la deuxième année consécutive que les étudiants de Lorient peuvent profiter de ce dispositif, grâce à une participation financière de l’université. Le panier contient 7€ de fruits et légumes mais leur revient seulement à 4€50. « Dans l’idée de démocratiser le bio, on s’est dit que les jeunes devaient aussi pouvoir profiter de ce mode de consommation responsable. Ils possèdent souvent peu de moyens et n’ont pas toujours le réflexe de cuisiner des produits frais ; pourtant, il est essentiel pour leur bien-être qu’ils aient accès à une alimentation saine et équilibrée », soutient Max Schaffer, le directeur de l’association. De plus, des ateliers thématiques leur sont proposés une fois par mois, animée par une diététicienne à la Maison des étudiants : « cuisine & énergie », « cuisiner avec les restes », « la cuisine au micro-onde », etc. « Notre état d’esprit est aussi de démystifier le bio, montrer qu’on peut faire bien avec les moyens du bord ».

Optim-ism permet aux jeunes bénéficiaires de décider, une semaine sur l’autre, de passer ou non commande, dans le souci de permettre une certaine souplesse, plus adaptée au mode de vie étudiant que les traditionnels abonnements de 6 mois. « Le vendredi, la liste des produits fournis dans le panier est disponible sur Internet et ils ont jusqu’au lundi pour acheter ». Au total, ce sont 40 paniers qui sont livrés tous les mardis à la Faculté des Lettres et à la Faculté des Sciences. Signe d’intérêt, la demande est plus forte que l’offre puisqu’une cinquantaine de personnes souhaiteraient passer commande chaque semaine, mais seuls les 40 premiers peuvent bénéficier des paniers pour le moment.

Si l’Université de Bretagne Sud prend en charge 2€, Optim-ism cherche d’autres moyens de financer l’opération pour diminuer encore le coût d’achat, par exemple via un dispositif national comme la Direction générale de l’Alimentation (DGAL) qui cofinance les actions d’aide alimentaire, mais également grâce à des campagnes de financement participatif plus locales. La dernière en date, qui avait été lancée sur Zeste.coop, a bien fonctionné ; cette plateforme est gérée par la Nef, coopérative Coopérative Une coopérative est un groupement d’individus (commerçants, consommateurs, producteurs…) choisissant de mettre leurs moyens en commun afin de satisfaire leurs besoins. financière éthique unique en France qui propose des solutions d’épargne et de crédit, orientées vers des projets ayant une utilité sociale, écologique ou culturelle.

Optim-ism exploite deux fermes en maraichage biologique à côté de Lorient de 3,5 hectares et 2 hectares, et ces fermes alimentent 350 paniers en plus de ceux destinés aux étudiants. Les débouchés de vente se diversifient : restaurateurs, crèches, livraison de paniers en entreprise, vente directe à la ferme. Depuis un an, les fruits et légumes sont aussi proposés à des personnes à faibles revenus (bénéficiaires du RSA ou juste au-dessus des minima sociaux), grâce à la création des Paniers solidaires hebdomadaires. Cette action a pu voir le jour grâce à la coopération des Centres communaux d’action sociale (CCAS) de Riantec, Port-Louis et Locmiquélic, avec la volonté de travailler sur un territoire et non pas une seule commune. Les bénéficiaires payent le panier pour deux personnes 3€ au lieu de 10€. « Pas de stigmatisation, elles récupèrent directement le panier au jardin, comme n’importe quel adhérent. Il peut éventuellement être livré grâce au service de portage de l’association, si la personne ne peut pas se déplacer. »

La structure, qui a une vocation d’insertion sociale et professionnelle, opère dans différentes branches d’activités toujours liées à l’environnement : non seulement le maraîchage et la distribution de produits biologiques, mais aussi la livraison en vélotriporteur, la réparation de vélos et le tri des emballages ménagers. Aujourd’hui, Optim-ism emploie une soixantaine de salariés, dont la majorité en insertion. Elle propose un emploi à des personnes en rupture avec le travail, le plus souvent un poste d’ouvrier agricole polyvalent pour commencer. Elle leur donne la possibilité de développer ou de renforcer leurs compétences, de prendre confiance en eux. Aucun contrat n’est figé, chaque salarié peut évoluer et accéder à des formations, accompagné par une “Conseillère en richesse humaine“. « C’était important de nous inspirer du fonctionnement d’une entreprise classique en matière d’évolution de parcours professionnel ».

De plus, le collectif accompagne chacune de ses activités par un volet sensibilisation, pour que les citoyens deviennent eux-mêmes des acteurs de la transition environnementale, un principe auquel tient beaucoup Max Schaffer, engagé dans l’ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
de longue date. Pour sensibiliser le grand public, l’association multiplie les animations lors d’événements (forums, salons, etc.), dans les écoles ou les comités d’entreprises, pour aller à la rencontre des habitants des différentes communes du Pays de Lorient. Un jardin pédagogique accueille des groupes d’adultes ou d’enfants (scolaires, centres de loisirs), pour faire découvrir la nature et leur apprendre à la respecter. « Nous sensibilisons de nombreux consommateurs à cette agriculture de proximité et chaque année de nouvelles personnes adhèrent à notre action et souscrivent aux abonnements de paniers ou aux formations à la permaculture. L’idée est de renforcer le lien avec les salariés grâce à des animations sur l’agriculture bio, pour sensibiliser tout le monde à des modes de consommation plus responsables, tout en changeant le regard sur l’insertion ».

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