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Pourquoi une autre économie est possible - Tribune de Claude Alphandéry

Impression ForumPublié le 4 avril 2018 

Le président d’honneur et fondateur du Labo de l’ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
prend position en faveur de la création de lien entre les initiatives d’avenir qui naissent partout en France et de la mise en synergie de leurs valeurs.
Extraits.
"Les initiatives ne manquent pas : Amap AMAP Une Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) est un partenariat entre un groupe de consommateurs et un ou plusieurs producteurs locaux, reposant sur un contrat solidaire et fonctionnant en circuit court. , éoliennes, fours solaires, associations pour la réinsertion des chômeurs… mais ce bouillonnement reste marginal, inefficient."

Lire la tribune de Claude Alphandéry dans Libération...

"Nous vivons une situation ambiguë, une époque de transition indécise : d’une part, un bouillonnement d’initiatives de citoyens engagés dans des actions de solidarité et de protection de l’environnement, d’entrepreneurs (associatifs ou commerciaux, coopératifs, mutualistes, artisanaux) conjuguant des finalités économiques et sociales, et d’autre part, un malaise persistant, des effets trop modestes de ces initiatives ; elles semblent marginales, peu influentes sur l’économie globale et les réformes en cours ; elles ne parviennent pas à assurer la voie d’une société plus juste, d’une vie meilleure, à rétablir confiance dans notre cadre de vie et nos institutions."

"Il faut donc se demander pourquoi des initiatives vivantes, généreuses, intelligentes, qui esquissent, amorcent d’autres modes de production, de consommation et simultanément de gouvernance Gouvernance Définition ont tant de mal à aller plus loin, à transformer leur essai, à se diffuser, à se généraliser, à changer d’échelle."

"C’est qu’elles restent dispersées, émiettées ; enfermées dans leur propre activité dont la gestion tant sociale qu’économique est lourde, le financement difficile, elles manquent de lien entre elles, ont des réflexes de concurrence plus que de coopération ; bien que fondées sur des principes et des finalités communes, elles ne mettent pas en synergie leurs valeurs. Elles ont ainsi un trop faible poids sur les médias, sur les administrations publiques, sur les grands acteurs économiques qui ne les inscrivent pas dans leurs dispositifs, les sous-estiment et négligent leur apport à la réalisation de leurs objectifs."

Lire la tribune de Claude Alphandéry dans Libération...

Commentaires

  • Bonjour,
    Je partage évidemment complètement le constat depuis des années.
    Ils s’agit bien d’une guerre des idées comme le dit Hugues Sibille depuis fort longtemps aussi.
    Or, le système s’est approprié la majorité des outils culturels, il ne les partage pas, ne s’en sert que pour sa propre promotion (la problématique des grands médias, les grandes écoles, la finance qui nourrit elle aussi ces outils et les projets compatibles avec cette vison qui corrspond au dogme de Bruxelles) - de fait il n’est pas étonnant d’observer que les droits culturels (cf déclaration de Fribourg sur les droits culturels - rendue publique en 2008) soient bafoués de A à Z dans tous les secteurs - Y compris le "secteur" culturel lui même.
    C’est dans ces conditions que les alternatives se développent et c’est forcément compliqué, les interstices sont bien minces pour enfoncer les coins. Sans solidarité nous n’y arriverons pas. Je le vois bien avec le réseau AMACCA AMACCA Association pour le Maintien des Alternatives en matière de Culture et de Création Artistique qui reveille les espoirs chaque fois qu’il se rend visible mais dont la visibilité n’est pas de taille à lutter contre le rouleau compresseur des industries culturelles et autres leviers massifs au service d’un quantitatif culturel d’une affligeante médiocrité dans lequel le citoyen lambda a bien du mal a faire son tri car il n’en a pas les clefs et ne connait même pas ses droits culturels.
    Bien sur une autre économie est possible, je dirais même une multitudes d’articulations économiques innovantes sont déjà expérimentées (ex : les communs offrent tant de modalités possibles au sein de la triarchie commun-privé-public) mais . . .
    et ce "mais" est colossal, il faut absolument se battre pour établir un mouvement en direction d’une démocratie culturelle, d’une démocratie qui supporte un débat public libre et équitable, loyal, entres les idées et autour des véritables enjeux. Pas de changement possible sans reprise en main du débat sur les valeurs, sans combat pied à pied pour la défense de nos droits culturels. (qui est aussi celui de la diversité).
    Autre point de vue, le pire mais peut-être le plus probable :
    En réalité je crains qu’il faille maintenant consacrer toutes les énergies à la préfiguration d’une ére post-collapse ou là tout sera hélas possible pour les survivants, le pire comme le meilleur et ou la culture fera la différence. Cette perspective (l’effondrement) étant probablement la meilleure réponse à apporter au réchauffement climatique.
    Dans ces conditions, éviter le collapse n’est peut-être pas souhaitable non plus ! Les "batisseurs de cette mondialisation ultra libérale savent probablement cela depuis un moment, donc, à quoi bon chercher à contrer l’inévitable, plutôt prendre le maximum avant l’écroulement semble être la devise la plus conforme à leurs comportements.
    La suite ?
    une fois la tragédie traversée, elle laissera le champs libre comme jamais mais avec seulement ce qui nous restera. . .la réinitialisation risque d’etre totale ou presque.
    Retour au point zéro ?
    pas vraiment car entre temps nos esprit n’auront surement pas perdu ces millénaires de cultures.
    Se battre pour la vie aura plus de sens que de se battre pour
    une pâte à tartiner (qui plus est, nocive pour la santé !)

    En conclusion
    Vives les alternatives pour aujourd’hui ou pour demain.
    Valeur sûre : la solidarité, les réseaux incluants, et la solidarité inter réseaux, la systémie alternative...une culture en soi à bâtir à partir d’un autre rapport à l’altérité (autres humains, autres idées).
    Encore merci à la déclaration de Fribourg sur les droits culturels.
    Les AMACCA sont conçues pour cela pour reprendre la mains sur nos choix de civilisations avec des outils culturels taillés pour cela.
    Pas d’économie innovante et durable sans imagination, sans cohérence éthique, sans intelligence collective libérée, sans démocratie culturelle.
    Nous devrons être courageux, mais le sens donne du courage.

  • belle tribune évidemment ... deux observations :

    • sur l’appel à sortir de la dispersion, on reste un peu sur sa faim sur les moyens d’aller dans ce sens, le problème majeur actuel

    D Schalchli, Montpellier

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