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Première Rencontre des Pôles Territoriaux de Coopération Economique

Impression ForumPublié le 6 juillet 2012 

Benoit Hamon : "nous réussirons l’économie sociale et solidaire mobilisés ensemble".

Source : Nord-Social info

La rencontre avait d’autant plus d’importance que, depuis sa nomination, c’était la première fois que le Ministre délégué de l’économie sociale et solidaire s’exprimait devant les responsables du secteur. Durant la campagne électorale, les différentes familles de l’économie sociale et solidaire avaient toutes formulées questions et revendications. La nomination, pour la première fois d’un Ministre délégué à l’économie sociale et solidaire était une première réponse, appréciée et jugée positive.

Une reconquête citoyenne de la démocratie dans l’économie

Benoit Hamon, devant ses interlocuteurs révéla quel serait l’état d’esprit et les objectifs de la politique poursuivie en ce domaine.

"Il faut affirmer, déclara-t-il, qu’il n’y a pas qu’une seule forme d’économie. Depuis 30 ans, on entend dire qu’il n’y a qu’une politique possible, qu’il n’y a qu’un choix possible quel que soit le vote des citoyens. Cette vision concerne aussi, et particulièrement l’économie. Durant cette période, l’économie a été soustraire à la démocratie". C’est à l’écouter, manifestement une période avec laquelle le Ministre entend rompre.

"L’économie ne peut se résumer, estima-t-il, à des entreprises à la recherche d’un rendement optimal avec des coûts minimum. J’assume, et je défends, et mon ministère défendra l’existence d’un autre modèle qui promeut l’emploi, les valeurs, la cohésion sociale. L’économie sociale et solidaire est un élément de reconquête par les citoyens du champ de la démocratie dans l’économie". Un concept qui, effectivement, irrigue les familles, acteurs et actions de l’économie sociale et solidaire et qui marque une nette différence avec l’économie capitaliste.

Ces déclarations d’intention, Benoit Hamon leur donne un contenu fort dès à présent. "Nos grands objectifs, a-t-il mentionné à ses auditeurs, c’est d’assurer la reconnaissance de l’économie sociale et solidaire. Une loi de programmation de l’économie sociale et solidaire prévue en 2013. Elle est destinée à permettre son développement sécurisé."

Par ailleurs, développa le Ministre, "une loi sera votée donnant la préférence aux salariés pour la reprise de leur entreprise. Loi qui sera prête fin 2012 sera examinée par le Parlement début 2013".
Autre grande nouveauté, "les acteurs de l’économie sociale et solidaire seront, désormais, partie prenante des négociations nationales".

"Dans le cadre de l’enseignement supérieur et de l’éducation, ajouta Benoit Hamon, l’économie sociale et solidaire doit parvenir à conquérir sa place. Elle doit asseoir sa légitimité auprès des Français, qui sont nombreux à la pratiquer à travers les mutuelles, les coopératives, les associations, mais qui ne la connaissent pas vraiment".

Le Ministre souligne aussi, "le rôle joué par les acteurs de l’économie sociale solidaire dans la lutte contre la précarité, pour l’emploi, pour le développement durable. Autant de domaines qui devraient permettre à l’économie sociale et solidaire d’affirmer sa vision".

500 millions d’euros réservés à l’économie sociale et solidaire
Plusieurs instruments, affirma Benoît Hamon vont être mobilisés en faveur du développement de l’économie sociale et solidaire.
Les emplois d’avenir que compte mettre en œuvre le gouvernement vont concerner au premier chef les entreprises non lucratives. Ils permettront de consolider les activités du secteur associatif durement touché ces dernières années.

"Je souhaite, déclara le Ministre, que les pôles territoriaux de coopération économique s’inscrivent dans la stratégie d’emploi d’avenir, notamment dans les zones les plus durement frappées ces 10 dernières années que ce soient les zones rurales, ou les zones les quartiers difficiles, afin de répondre à des besoins sociaux importants dans ces territoires".

La banque publique d’investissement, qui aura un rôle important à jouer, doit favoriser l’émergence des économies favorables à l’innovation sociale et à la mutualisation des moyens. "C’est notamment vrai dans les secteurs de l’aide aux personnes, de l’aide aux handicapés,…" nota Benoit Hamon...

Ces actions, ces initiatives, ces innovations sociales sont caractéristiques de l’ancrage de l’économie sociale dans les territoires. A ce titre les régions, estima le ministre doivent prendre en compte cette dimension dans leur politique de développement économique.

La mise en œuvre de cette politique s’appuiera sur les 500 millions d’euros réservées à l’économie sociale et solidaire. "Le travail qui est le nôtre, déclara Benoit Hamon, en s’adressant aux personnes présentes dans l’amphithéâtre de la Macif, c’est de rapprocher l’instruction des dossiers et le terrain au plus près. Nous devons rapidement, grâce à la banque d’investissement délivrer des crédits et des financements, faire en sorte qu’ils deviennent accessibles pour répondre aux besoins de l’économie sociale et solidaire".

Changer d’échelle et de manière irréversible

C’est autour de ce programme ambitieux que le ministre a appelé à la mobilisation des acteurs de l’économie sociale et solidaire. "Car, a-t-il noté avec humour, s’il vaut mieux avoir Bercy avec soit, cela ne suffira pas. C’est ensemble que nous construirons et développerons l’économie sociale et solidaire", a-t-il ajouté.

Et "c’est avec intérêt, a-t-il, souligné, qu’il accueillait la mise en place des pôles de coopération économique de l’économie sociale et solidaire", qu’il estime "adaptés à l’ancrage économique sur les territoires et à la prise en compte des besoins de terrain".

Benoit Hamon appela "à passer d’une phase d’expérimentation à une phase de multiplication des pôles de coopération économique. Je ne suis pas là, affirma-t-il, pour recenser quelques pépites et belles expériences de l’économie sociale et solidaire, mais pour construire des politiques publiques dans le champ de l’économie sociale et solidaire".

"Nous devons rapidement, affirma-t-il, construire les bases solides du développement de l’économie sociale et solidaire pour que l’on ne puisse pas revenir en arrière".

Une invitation qui somme toute répond parfaitement à la demande formulée par les acteurs de l’économie sociale et solidaire depuis quelques années déjà : celle de changer d’échelle.

Jean-Paul Biolluz

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