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Reconnues d’intérêt citoyen depuis 1901, les associations entrent en campagne !

Impression ForumPublié le 8 mars 2012 

Aujourd’hui les français côtoient quotidiennement les associations, comme Monsieur Jourdain, sans le savoir.

Il y a quelques années, les artisans lançaient une campagne remarquée "l’artisanat, première entreprise de France", destinée à promouvoir leurs entreprises et leurs savoir-faire. En 2012, on peut se demander si les associations n’auraient pas tout intérêt à lancer le même mouvement, à s’appuyer sur leur énorme capital de sympathie et de confiance pour gagner en visibilité. Car aujourd’hui les français côtoient quotidiennement les associations, comme Monsieur Jourdain, sans le savoir.

Certes, 48% des Français leur accordent leur confiance, loin devant les partis politiques et les syndicats, pour agir face à la crise*. Certes, on estime que 3 Français sur 4 sont concernés par la vie associative, qu’ils en soient bénévoles, donateurs, administrateurs, bénéficiaires ou usagers. Certes, Patrick Viveret met en garde contre "une grève des associations" qui déstabiliserait profondément le quotidien des Français et Christian Sautter salue des associations "artisans du développement territorial et les fantassins de la bataille de l’emploi".
Pour autant, nous mesurons chaque jour à quelle point le rôle des associations est méconnu. Quand une association Association Une association est le regroupement d’au moins deux personnes, mettant leurs activités ou leurs connaissances en commun, par un contrat d’association (contrat de droit privé). L’objectif de cette convention doit avoir un but autre que le partage de bénéfices entre les parties, d’où l’appellation d’"association à but non lucratif". ferme, c’est à bas bruit. Pas de mobilisation collective, pas de comité de soutien. Quand un grand média économique propose, peut être avec un peu de démagogie, à ses lecteurs de suggérer les postes de dépenses publiques qui pourraient être supprimés pour réduire la dette publique, les subventions aux associations arrivent en bonne place. Et pourtant que serait la vie sans les associations ?

Les associations construisent jour après jour une citoyenneté active. Elles sont l’expression de projets de citoyennes et citoyens engagés dans des initiatives collectives et participent d’une démocratie interactive et rénovée. Véritables corps intermédiaires au même titre que les syndicats, les partis politiques ou les organisations patronales, elles sont des interlocutrices essentielles des pouvoirs publics à tous les niveaux de décision. Les associations sont le ferment actif d’une démocratie dynamique qui s’enrichit de la libre organisation collective des citoyens et des citoyennes.

Les associations font la preuve que d’autres modalités d’agir que la recherche de la rentabilité et du profit son possibles. Elles sont porteuses d’innovations sociales et croisent les aspirations grandissantes de la population à de profonds changements au sein de la société. Elles rejoignent en cela les autres composantes de la famille de l’ESS ESS Le terme d’Économie sociale et solidaire regroupe un ensemble de structures qui reposent sur des valeurs et des principes communs : utilité sociale, coopération, ancrage local adapté aux nécessités de chaque territoire et de ses habitants. Leurs activités ne visent pas l’enrichissement personnel mais le partage et la solidarité pour une économie respectueuse de l’homme et de son environnement. .

Enfin, les associations agissent concrètement pour la solidarité, en France et dans le Monde. Convaincues que la garantie d’un socle de droits fondamentaux protège les citoyennes et les citoyens, et qu’il incombe à l’Etat de les rendre effectifs, elles contribuent à l’émergence de nouveaux droits.

Pour toutes ces raisons, en cette année d’échéances électorales le mouvement associatif appelle les candidats et les candidates à reconnaître les associations comme un acteur incontournable de leur projet de société et à développer une véritable politique publique de développement de la vie associative. Il est temps et le temps presse : après 110 ans de développement, les associations ont marqué en 2011 une première année de déclin (notamment en termes d’emplois) et les conditions de leur survie financière sont de plus en plus menacées. Espérons que le rendez vous des candidats face aux associations organisé le 10 mars prochain par la CPCA sera l’occasion d’en débattre.

Béatrice Delpech
Déléguée générale de la CPCA

* Enquête CSA/Chorum/Crédit coopératif novembre 2009

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Commentaires

  • Je ne suis pas contre les associations. La seule chose que je trouve manquante chez certaines c’est la transparence. Certes les plus grandes associations sont très transparentes ( et n’ont pas le choix) mais pas mal d’entre elles ne le sont pas, notamment les plus petites. Pour avoir cotoyer certaines, je peux vous dire que beaucoup profite des montants investits par l’état pour s’en mettre dans les poches

    • Bonjour Fanny,

      votre expérience associative vous honore ! Votre préoccupation sur la transparence rejoint une préoccupation de l’opinion publique ... et de la grande majorité des acteurs associatifs. Oui les dérives existent mais pas plus que dans les entreprises bénéficiant d’aides publiques souvent bien plus substantielles que les assos. Attention, à force de généralités à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

      Les rapports d’activités sont publics et l’on peut aujourd’hui dire que la transparence du monde associatif est exemplaire car l’évaluation des budgets est de plus en plus stricte, notamment de la part des financeurs publics et parce que les associations se sont organisées, se dotant d’un comité de la Charte du don en confiance, qui labellise des associations ayant recours à la générosité publique en offrant une totale transparence sur l’utilisation des fonds récoltés. Merci de votre intérêt pour le monde associatif mais attention à ne pas participer d’une théorie du complot qui rend de plus en plus difficile l’émergence d’initiatives citoyennes utiles socialement et nuit à l’ensemble des activités porteuses de cohésion sociale, d’innovation et de solidarité

  • Malgré le formidable travail réalisé il y a peu par la petite équipe de la CPCA pour interpeller les candidats à l’élection présidentielle, les médias rechignent toujours à s’intéresser au sujet associatif. Que se joue-t-il derrière ce non traitement médiatique et politique qui n’a rien de nouveau ? Ceux qui font l’opinion et et les lois délaisseraient-ils le combat contre la misère ?

    Loin de céder à tout misérabilisme, c’est bien par rapport à la misère qu’il faut penser le fait associatif : "la misère de l’économie associative vient aussi du fait qu’elle est une économie de la misère" nous dit le sociologue Mathieu Hély ("Les métamorphoses du monde associatif", PUF, 2009).

    A mon sens, la responsabilité des acteurs associatifs que nous sommes est de démontrer en quoi les associations sont des digues contre la misère sociale, économique, culturelle... Et d’affirmer sans rougir que cela nécessite une contribution publique, à évaluer évidemment et à requestionner sans cesse. C’est un choix de société à porter aussi par les acteurs associatifs de terrain.

    Comment traduire cette déclaration d’intention dans les faits ? C’est ici que le bât blesse... Force est de constater que le sentiment d’appartenance au fait associatif est faiblement partagé. Pour ma part, je souscris à la proposition de grève des associations de Patrick Viveret afin de travailler cette prise de conscience.

    Difficile à mettre en oeuvre, je pense que ce type d’action peut trouver de l’écho si elle est portée par des personnalités médiatiques d’envergure. Rien n’oblige à l’organiser partout en même temps... Imaginez une campagne de grève festive sur le long terme régulièrement organisée dans plusieurs grandes villes de France par des grands noms du cinéma, de la musique...

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