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Renforçons le pacte de compétitivité par l’économie sociale et solidaire

Impression ForumPublié le 7 décembre 2012 

Le Monde publie une tribune de Claude Alphandéry, François Chérèque et Edmond Maire.

Source : Le Monde, 7 décembre 2012

Le coût du travail n’est que l’une des nombreuses causes du déclin industriel de la France (pression excessive du capital financier, manque de coopération, manque de considération pour les salariés, les usagers, les fournisseurs, excès de charges intermédiaires...).

Les entreprises, et d’abord les petites et moyennes, qui constituent le maillage économique du territoire, ne peuvent s’y résigner. Elles ont besoin de traitements de fond pour les redynamiser.

Le "pacte de compétitivité" est donc incontournable, il n’a que trop tardé. Mais, tel qu’il est, il ne se suffit pas à lui-même : la compétitivité crée certes de nouvelles activités, de nouveaux métiers, de nouveaux postes d’emplois.

Mais elle en supprime beaucoup d’autres au nom de l’efficacité. Le solde n’est pas en mesure de réduire sensiblement le gap (fossé) de cinq millions de chômeurs.

Il y a en revanche de grands progrès à réaliser dans la formation, l’accompagnement social et professionnel, les relations du travail, qui peuvent donner aux salariés (mais aussi à ceux qui n’ont pas accès à l’emploi) une plus grande capacité d’adaptation aux mutations économiques, renforçant à la fois la sécurité de l’emploi et les moyens de production, et rendant possible la réduction du chômage.

Un accord entre les organisations syndicales et patronales doit donc absolument accompagner le "pacte de compétitivité".

Mais les progrès de la technologie, l’ampleur des forces de travail émanant des pays "du Sud", les bouleversements des modes de production, d’échange et de consommation sont tels qu’aucun retour au plein-emploi n’est possible sans la création d’un nombre considérable d’emplois reposant sur le travail humain, son aptitude à répondre aux problèmes de la société et de l’environnement. Ces emplois se trouvent dans les secteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS ESS Qu’est-ce que l’Économie sociale et solidaire (ESS) ?
Définition et présentation de cette économie différente, socialement utile, coopérative et ancrée localement
).

L’ESS est indépendante du capital financier. Elle échappe à la recherche effrénée de profits et privilégie non pas la poursuite de gains maxima et immédiats, mais une finalité sociale, écologique.

Elle crée des emplois que le marché ignore faute de rentabilité suffisante. Elle les crée partout où des besoins insatisfaits s’imposent (services aux personnes dépendantes, recrutement de personnes rejetées du marché du travail, économies d’énergie, recyclage de produits en fin de vie, consommation responsable, etc.).

Elle crée de la valeur ajoutée par sa capacité d’innovation sociale, de coopération, d’écoute, mais aussi par les concours bénévoles qu’elle reçoit, l’épargne solidaire qu’elle suscite, les circuits courts Circuits Courts Définition du concept de circuits courts qu’elle met en œuvre.

Elle évite des coûts directs (indemnités et effets immédiats du chômage) et indirects (effets à venir). Elle est en fait un investissement social et humain dont les gains sont à évaluer.

Bien que des progrès aient été réalisés, que les acteurs de l’économie sociale et solidaire tendent à être mieux reconnus, qu’un ministre de gouvernement soit délégué à cet effet, l’ESS n’est pas encore prise pleinement en compte par les pouvoirs publics, non seulement dans ses effets d’assistance, de réparation, mais comme un facteur de transformation, de sortie de crise.

C’est que les milieux dirigeants ont du mal à se projeter hors du modèle dominant, à donner toute sa place, aux côtés du marché et de l’Etat, à une économie de solidarité, de réciprocité, respectueuse de l’humain et de l’environnement. La reconnaissance de cette place est une bataille essentielle.

Claude Alphandéry, président du Labo de l’ESS
François Chérèque, syndicaliste
Edmond Maire, administrateur de France active

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