Le Labo de l’ESS est un think tank qui construit, par un travail collaboratif, des axes structurants de l’économie sociale et solidaire, à partir d’initiatives concrètes, innovantes et inspirantes issues des territoires.

Accueil > L’ESS au quotidien > L’actu de l’ESS > Une alliance trop peu remarquée, par Claude Alphandery

Une alliance trop peu remarquée, par Claude Alphandery

Impression ForumPublié le 17 juillet 2019 

Les médias ne paraissent pas avoir donné la place qu’elles méritent aux décisions prises aux assemblées générales d’Initiative France et de France Active, respectivement à 82% et 100% des voix, de réunir leurs deux réseaux ; actant ainsi, après une longue préparation, le principe et le processus de mise en commun des forces de deux superbes mouvements associatifs.

Ceux-ci n’ont certes pas la notoriété mondiale de groupes tels que Renault, Fiat ou Alstom ; mais, reposant sur des milliers de concours bénévoles et des centaines de salariés motivés et formés aux problèmes d’une économie de proximité, leur alliance constitue un maillage territorial inédit, au plus près des besoins de la population. Indépendante de la finance spéculative, cette alliance devrait permettre de soutenir des entreprises ancrées sur le terrain, véritables forces créatives et pourtant souvent ignorées des banques.

Ces deux réseaux n’ont pas tout à fait la même clientèle, le premier est plus généraliste, le second plus engagé sur des entreprises aux finalités environnementales et solidaires. Ils n’ont pas non plus les mêmes formes d’organisation : Initiative France est plus décentralisée avec ses 250 associations locales quand France Active est équipée à sa tête de filiales financières solidaires. Ils ont, en revanche les mêmes valeurs professionnelles et sociales depuis leur origine puisqu’ils ont grandi côte à côte. Loin de se gêner, ils ont souvent collaboré et la mise en commun de leurs forces est la suite logique de trois décennies de travail approfondi auprès des entreprises sur les territoires.

Chacun se porte bien et se développe rapidement ; ils ont donné naissance et soutenu en 2018 quelques 25 000 entreprises, créé ou maintenu près de 90 000 emplois ; et mieux encore, il s’agit très souvent d’initiatives innovantes s’inscrivant dans une transition écologique et solidaire et bien connues du Labo de l’ESS ESS Le terme d’Économie sociale et solidaire regroupe un ensemble de structures qui reposent sur des valeurs et des principes communs : utilité sociale, coopération, ancrage local adapté aux nécessités de chaque territoire et de ses habitants. Leurs activités ne visent pas l’enrichissement personnel mais le partage et la solidarité pour une économie respectueuse de l’homme et de son environnement. .

Ils n’ignorent certes pas que ces résultats, aussi importants soient-ils, restent marginaux aux cotés des fusions géantes et insuffisants face à une économie mondiale peu soucieuse d’environnement et de solidarité et peu favorable aux petites structures ; et c’est pour cela qu’ils réagissent en s’unissant.

Une réaction qui ne vise pas seulement à défendre leur pré-carré en additionnant leurs activités, mais à aller de l’avant en valorisant leurs atouts, en clamant leur raison d’être Raison d'être La raison d’être d’une entreprise désigne la façon dont elle entend jouer un rôle dans la société au-delà de sa seule activité économique. En France, elle a notamment été définie par Jean-Dominique Senard dans le cadre de son travail mandaté par le gouvernement français sur l’objet social des entreprises : « La raison d’être permet de joindre le passé au présent ; c’est l’ADN de l’entreprise. Elle n’a pas de signification économique, mais relève plutôt de la vision et du sens ».

Source : wikipédia
, leur ambition, leur capacité spécifique de répondre sur le terrain aux besoins d’une société en rapide évolution vers de nouvelles frontières.

Une évolution qui se réalise dans la poussée de nouvelles technologies bouleversant la production et l’usage des biens, des façons de s’alimenter, de se soigner, d’habiter, de circuler, provoquant des pratiques nouvelles telles que les circuits courts Circuits Courts Définition du concept de circuits courts , l’économie circulaire économie circulaire L’économie circulaire désigne un modèle économique dont l’objectif est de produire des biens et des services de manière durable, en limitant la consommation et les gaspillages de ressources (matières premières, eau, énergie) ainsi que la production des déchets. Il s’agit de rompre avec le modèle de l’économie linéaire (extraire, fabriquer, consommer, jeter) pour un modèle économique « circulaire ». ou participative etc. Lesquelles exigent des modes spécifiques de financement et d’accompagnement que les deux réseaux unis sont mieux encore à même de mettre en œuvre.

Ils sont bien placés pour le faire par ce que leur alliance, en créant un choc d’intelligence collective et créative, leur donne une puissance de réalisation et de négociation, leur ouvre la voie de partenariats, source de moyens pour financer leurs équipements et leur expertise.

Ainsi s’approfondira et s’élargira une dynamique déjà amorcée sur certains territoires. Cette nouvelle alliance soutiendra des initiatives encore plus larges, des groupements plus forts dont les liens créeront des formes de production, d’échanges, de consommation plus résistantes aux pressions extérieures et plus aptes à une transition écologique et solidaire.

Claude Alphandery

Postez un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Nous suivre