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Publié le 25 septembre 2018

CIAP Pays-de-la-Loire : former et développer les bonnes pratiques de la coopération

Homme avec des chèvres
Mots clés
ESS
alimentation
circuits courts
éducation
emploi
agriculture

Comment renouveler les générations agricoles ? Par l’installation de nouveaux paysans ! C’est à leurs besoins que la Coopérative d’installation en agriculture paysanne (CIAP) Pays-de-la-Loire entend répondre : professionnalisation, test d’activité, sécurisation des parcours, soutien financier et insertion dans le milieu agricole local. Elle fédère cinq CIAP départementales et travaille à l’essaimage des bonnes pratiques au-delà de la région.

Accompagner les porteurs de projets et faciliter la coopération

Depuis 2012, ce sont 275 projets de nouveaux agriculteurs qui ont été accompagnés, parmi lesquels 200 en circuits courts et 237 en bio. La CIAP propose deux modalités d’accompagnement professionnel : en premier lieu, elle met à disposition trois espaces-test permanents en maraîchage, à Saint Herbain, Redon et la Roche-sur-Yon – qui seront bientôt complétés par deux lieux tests en élevage. En second lieu, la CIAP porte des stages paysans créatifs, formations professionnelles d’un an qui se déroulent dans le territoire où le porteur de projet souhaite s’installer. « On parle de territoire à l’échelle humaine, soit une vingtaine de kilomètres à la ronde : à cette échelle, il est possible de vraiment s’intégrer dans le tissu local, rencontrer les paysans proches de l’exploitation et se faire identifier comme futur professionnel », explique Claire Lavaur, co-gérante et responsable du développement de la CIAP Pays-de-la-Loire. Car en plus d’une formation collective et d’un accompagnement individuel, les futurs agriculteurs bénéficient du soutien d’un groupe de paysans référents.

Groupe de personnes en extérieur

« Au cœur de ce que fait la CIAP, il y a l’utilisation positive du corporatisme agricole pour aider des porteurs de projets qui n’en bénéficieraient pas parce qu’ils ne sont pas issus du milieu agricole et qu’ils ne sont pas issus du territoire d’installation », ajoute Claire Lavaur. Cela se joue à tous les niveaux de l’outil de production : l’accès au foncier, mais aussi le dimensionnement économique de son activité avec les agriculteurs installés, l’accès aux financements, l’insertion dans les systèmes d’entraide. « Le meilleur moyen de créer des liens de confiance dans le milieu agricole, c’est de travailler ensemble. ». Et l’implication des paysans référents dans ces formations et dans la co-création de ces liens est importante : ils sont directement concernés par leurs futurs voisins professionnels. Ces relations sont contractualisées et chaque porteur de projet bénéficie du suivi de plusieurs paysans référents.

Deux personnes dans une serre

Sécuriser les parcours

La CIAP a adapté le modèle des coopératives d’activité et d’emploi (CAE) aux métiers agricoles : comme dans les CAE généralistes, il s’agit de permettre à l’agriculteur en lancement d’activité de bénéficier d’un hébergement juridique, fiscal et comptable. Vu les spécificités du secteur, créer une branche agricole au sein d’une CAE généraliste n’aurait pas été suffisant : « une CAE généraliste peut répondre sur le soutien administratif et financier, mais elle n’est pas identifiée comme un acteur de l’installation et de la transmission. Si on veut se positionner sur l’accès au foncier, la transmission, l’élevage, il faut construire une structure légitime et identifiée dans les institutions agricoles qui puisse générer de la confiance », commente Claire Lavaur.

Le démarrage progressif de l’activité agricole peut également être facilité par le statut du contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE). Celui-ci permet d’avoir accès à un financement pour les premiers investissements nécessaires à l’installation. L’avance proposée par la CIAP peut s’élever à 40 000 euros – elle permet aussi de créer un effet levier sur l’obtention d’autres financements en confortant la confiance auprès des banques et autres structures de financement.

Quatre hommes discutant devant une étable

Coordonner et développer les bonnes pratiques

Au niveau régional, la CIAP accompagne les chargés d’accompagnement départementaux et coordonne la gestion administrative et financière des CIAP. En juillet 2018, la SCIC a été sélectionnée dans la cadre de l’appel à projets Mobilisation collective pour le développement rural porté par la Réseau Rural Français : « l’enjeu est de contribuer à amplifier des actions dans les régions voisines, raconte Claire Lavaur. En Bretagne, en Normandie, dans le Centre et en Poitou-Charentes, il existe maintenant des CIAP ou des structures coopératives reposant sur les mêmes principes. La CIAP Pays-de-la-Loire, par son ancienneté, peut aider à essaimer et à donner aux territoires les moyens de générer leurs propres dynamiques. Ce projet s’appelle Happyterr et il permettra de développer et d’enregistrer les bonnes pratiques. »

Photos : CIAP Pays de la Loire 

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