Le Labo de l’ESS est un think tank qui construit, par un travail collaboratif, des axes structurants de l’économie sociale et solidaire, à partir d’initiatives concrètes, innovantes et inspirantes issues des territoires.

Accueil > Que faisons-nous ? > Nos Focus > L’édito > [Edito] S’il est un autre monde, il est dans celui-ci, par Hugues (...)

[Edito] S’il est un autre monde, il est dans celui-ci, par Hugues Sibille

Impression ForumPublié le 11 mai 2020 

Nous croulons sous les Tribunes, Appels, propositions, plaidoyers... sur le Monde d’après ! Le confinement exacerbe joyeusement l’imagination des futurs souhaités. Une sorte de Mai 68 en chambre. Sous les parquets, des forêts de nouveaux mondes ! Attention cependant ! Trop de mots peuvent conduire au risque dénoncé par Camus : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ».

Notre premier devoir ne consiste-t-il pas à reconnaitre une certaine désorientation, voire une sidération, face à ce qui arrive : le tutoiement des effondrements ?

Face à un tel degré d’incertitudes, nous acteurs de l’économie sociale et solidaire, devons affirmer des principes d’écoute, de modestie, de bienveillance. Raison pour laquelle le Labo de l’ESS ESS Le terme d’Économie sociale et solidaire regroupe un ensemble de structures qui reposent sur des valeurs et des principes communs : utilité sociale, coopération, ancrage local adapté aux nécessités de chaque territoire et de ses habitants. Leurs activités ne visent pas l’enrichissement personnel mais le partage et la solidarité pour une économie respectueuse de l’homme et de son environnement. interroge 150 territoires sur ce que la crise sanitaire révèle, sur les initiatives solidaires qu’elle suscite, sur les expériences en cours qui inspireront un autre monde, avec en tête cette affirmation d’Éluard : « s’il est un autre monde, il est dans celui-ci ». Nous voudrions que les réponses à ce questionnaire constituent de petits Cahiers d’Espérance, forment une contribution vers de nouveaux États généraux de l’ESS.

Le poète dit magnifiquement notre rôle d’ESS ! Être dans ce monde, mais en préfigurer un autre, se coltiner le réel d’aujourd’hui, en crise profonde, mais inventer celui de demain, plus durable, juste, inclusif. A la différence d’autres concepts abstraits qui font florès, l’ESS est un mode d’entreprendre, ancré dans les territoires, défini en France par une Loi (2014), rassemblant une multitude d’acteurs et d’entrepreneurs, disposant d’un vaste patrimoine de valeurs, de statuts et de pratiques. Nous sommes une réalité qui peut s’affirmer comme promesse.

Se revendiquer de l’ESS et s’affirmer comme promesse c’est être pleinement dans le «  care  », la sollicitude. Les mots les plus utilisés lors de cette épidémie sont « prenez soin de vous », « prenez soin des autres ». Cet engagement est un fondement de l’ESS. Nous sommes des groupements de personnes qui rendent des services à d’autres personnes. Notre finalité ultime n’est ni le chiffre d’affaires ni la plus-value. Ceux de l’ESS qui l’oublient devraient revenir aux sources. Se revendiquer de l’ESS en s’affirmant comme promesse de care au cœur du Covid 19, c’est repenser nos systèmes de santé dans une optique de Bien Commun. Nous devons dire plus clairement le rôle que l’ESS (mutuelles, secteur médico-social associatif, entreprises sociales...) jouera entre public et lucratif pour promouvoir une démocratie sanitaire et inventer un nouvel écosystème santé / alimentation / environnement... Avec le soutien de la Caisse des Dépôts et Consignations, le Labo de l’ESS lance un nouveau programme « Santé, innovation sociale et territoire ».

Enfin, se revendiquer de l’ESS en s’affirmant comme promesse de monde d’après, ce sont trois exigences pour faire de la période un « momentum ESS ». La première c’est le rassemblement de l’ESS dans son périmètre légal pour peser sur la sortie de crise. Le Labo de l’ESS soutient ESS France et fait sien le très solide plan élaboré par le Conseil Supérieur de l’ESS. De même participera-t-il au Plan d’action européen piloté par le commissaire Schmit. Rassemblés, nous devons, seconde exigence, revoir notre logiciel sur la question de la transition écologique et solidaire. Face à l’énorme menace climatique, le récit de la relation de l’ESS à la croissance, à la résilience, à la nature... reste à écrire. Travaillons ces dynamiques de transition. Le Labo de l’ESS participe à la création de la Fabrique des transitions. Enfin, troisième exigence, souvent mal comprise, l’ESS rassemblée et claire doit assumer le risque des alliances et de l’ouverture « sans rivage », sous peine de devenir une réserve d’indiens ! Ces alliances se jouent dans des dynamiques collectives de territoire.

Hugues Sibille
Président du Labo de l’ESS

Commentaires

Postez un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Nous suivre