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Henry Mintzberg contre l’entreprise arrogante

Impression ForumPublié le 22 mai 2012 

Le Monde | Eco & Entreprises du 22 mai 2012 consacre un article à Henry Mintzberg, "gourou" du management (Université McGill | Canada) qui a formé des générations de futurs dirigeants.


EXTRAITS


Un patron qui gagne 100, 200 fois ce que gagne son salarié ne peut prétendre être un leader" ; "L’alliance entre des entreprises qui pensent avoir le droit moral de faire ce qu’elles veulent et une théorie économique qui les conforte en érigeant en dogme le mythe du marché efficient nous a conduits à la catastrophe" ; "Le vrai changement ne viendra ni des gouvernements ni des marchés, mais du mouvement social"...

Non, ce n’est pas Jean-Luc Mélenchon qu’un parterre d’universitaires et de dirigeants de grandes entreprises étaient venus respectueusement écouter mercredi 16 mai dans les salons de la Sorbonne, à l’invitation de l’université Paris-II, mais Henry Mintzberg, "gourou" reconnu du management stratégique, auteur prolifique, professeur à l’université McGill (Canada), qui a formé des générations de futurs dirigeants à l’Insead dans les années 1990.

Le Pr Henry Mintzberg précise au "Monde Eco & entreprise" que "les grandes sociétés internationales sont devenues trop souvent des exploiteurs des ressources naturelles et humaines, plutôt que des explorateurs et des innovateurs". C’est, dit-il, "la conséquence du triomphe d’un mode de formation des dirigeants qu’il condamnait déjà dans un ouvrage célèbre (Des managers, des vrais ! Pas des MBA, 2005, Ed. d’Organisation). "Les grandes écoles et les MBA forment une élite excellant dans l’analyse, mais qui, bien souvent, ne sait pas ce qui se passe dans l’organisation qu’elle dirige parce que celle-ci est trop grande, de plus en plus grande. Cette élite croit que le management est une science ou une profession, alors qu’il s’agit d’une pratique enracinée dans un contexte chaque fois différent." (...)

En France, un cercle fermé de dirigeants communs

A la question : "Les entreprises peuvent-elles, en changeant de modèle, résoudre les problèmes de la planète ?", la réponse d’Henry Mintzberg est : "Clairement non." Les gouvernements non plus, d’ailleurs, car "ils sont de plus en plus contrôlés par les grandes entreprises, surtout aux Etats-Unis. La seule différence entre l’Afrique et les Etats-Unis, c’est que la corruption, aux Etats-Unis, est légale. En France, il s’agit plutôt d’un cercle fermé de dirigeants communs".

Pour le Pr Mintzberg, la crise du capitalisme, provoquée par un trop fort déséquilibre au profit des grandes entreprises et des marchés financiers, ne pourra être résolue que si "le secteur privé est plus responsable, le secteur public plus respecté et le secteur "pluriel" plus robuste".

Il définit le secteur pluriel comme les modes d’organisation issus des mouvements sociaux : associations, ONG, écoles et hôpitaux non lucratifs, syndicats, coopératives de clients, de fournisseurs ou de travailleurs - autant d’organisations qui ont, par nature, plus de facilité à créer une dynamique communautaire de création de valeur, et à adopter un comportement "responsable" vis-à-vis des "biens communs Biens communs Définitions " -, ressources naturelles et communautés humaines.

Le rééquilibrage du capitalisme passe, selon M. Mintzberg, par la mise en évidence du poids, déjà important, de ce secteur pluriel dans l’économie. "Certains pays, comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni, doivent le développer face au poids écrasant du secteur privé ; d’autres, comme la Chine, le doivent également face au poids tout aussi écrasant du secteur public ; le Brésil, peut-être l’Inde, sont à mon avis les plus proches de l’équilibre entre les trois secteurs, et sont en ce sens les meilleurs agents du modèle économique à venir."

Mais on ne peut régler les problèmes posés par la domination du secteur privé par la seule croissance du secteur pluriel. Il est tout aussi nécessaire de faire évoluer les grandes entreprises vers plus de responsabilité et vers un meilleur partage de leur gouvernance Gouvernance Définition . "La pression et les idées qui permettront cela, conclut Henry Mintzberg, viendront d’abord des mouvements sociaux."

Antoine Reverchon


L’intégralité de l’article est à lire sur lemonde.fr (partie abonnés)

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