Initiative inspirante
Publié le 20 mars 2019

La coopération comme valeur centrale et mode d’action à l’école avec l’OCCE

Trois professeurs (deux femmes, un homme) debout devant le tableau noir, dans une salle de classe
Mots clés
éducation
ESS
jeunes

« Promouvoir la coopération comme valeur centrale et mode d’action à l’école », c’est là le cœur de mission de l’Office Centrale de la Coopération à l’École (OCCE). Fondée en 1928 sous l’impulsion de l’inspecteur de l’Education nationale, Barthelemy Profit, de plusieurs membres de l’enseignement et de militants de la coopération, l’objectif premier de l’OCCE était de « faire advenir la République en classe » explique Véronique Baraize, la déléguée générale de la Fédération OCCE. Aujourd’hui, l’association entend promouvoir la responsabilité, l’engagement, l’autonomie, l’esprit critique, l’agir ensemble chez les jeunes citoyens, contribuant ainsi à leur émancipation. L’OCCE se penche aussi sur la question des apprentissages en coopération par la mise en place d’un Observatoire des pratiques enseignantes.

Dans ce mouvement du début du XXème siècle, ce sont les principes coopératifs qui amènent l’OCCE et Coop.fr, à créer dans les années 1980 la « Semaine de la Coopération », durant laquelle sont mises en place formations et interventions en classe pour faire connaître la coopération. En 2017, les deux protagonistes de la Semaine de la Coopération rejoignent d’autres structures de l’Économie Sociale pour l’École de la République (l’ESPER), afin de mettre en place la Semaine de l’Economie Sociale et Solidaire à l’Ecole (SESSE). Celle-ci était prévue dans un accord-cadre signé par le Ministre de l’Education Nationale et celui de l’Economie Sociale et Solidaire.

Le bénévolat au cœur de l’action !

La Fédération Nationale de l’OCCE regroupe 102 associations départementales, promouvant chacune la pédagogie. L’OCCE est aussi constituée d’un large tissu de bénévoles, avec la présence d’un animateur dans presque tous les départements. Leurs actions consistent à accompagner des enseignants qui le demandent et à intervenir en classe avec un format adapté à chaque niveau. Ainsi, par exemple, auprès des classes de maternelles, les bénévoles proposeront un format ludique, construit autour de jeux coopératifs. L’OCCE contribue également à l’alimentation des sites RESSOURC’ESS, portail de l’Économie Sociale et Solidaire à l’Ecole, de la SESSE et de son propre site pour que les enseignants et autres acteurs de l’éducation trouvent les ressources adaptées au projet de leur classe. Afin de s’assurer du bon fonctionnement et de l’efficacité de ses actions, le siège fédéral peut recenser tous les projets menés grâce à un compte-rendu des activités de l’année, réalisé par chacun des départements. Un bilan de la SESSE est également réalisé par l’ESPER.

Salle de cours

Créer des coopératives scolaires pour développer des projets éducatifs citoyens

L’OCCE s’adresse donc aux élèves de la maternelle, jusqu’au lycée. Mais comme le souligne Véronique Baraize, «  il est assez illusoire de croire que l’on aborde la notion d’économie sociale à la maternelle  ». C’est pourquoi les formats d’interventions sont adaptés aux différents niveaux : « Dès 4-5 ans, on peut toutefois commencer à tenir des conseils de coopérative qui permettent de prendre ensemble des décisions et d’avoir l’idée d’un projet commun. Ça, les élèves sont capables de le faire, aussi minime soit le projet ». L’Office Centrale de la Coopération à l’Ecole compte aujourd’hui cinq millions d’élèves adhérents, qui sont les membres des coopératives scolaires. En effet, l’OCCE aide aussi les écoles qui le souhaitent à monter des coopératives, ce qui leur permet de disposer d’une structure juridique servant de support pour financer les projets éducatifs. Le fond financier de ces coopératives est approvisionné à la fois par des subventions publiques, des ventes des fêtes de l’école et autres kermesses, ainsi que par des participations volontaires des parents d’élèves. Chacune de ces coopératives est affiliée à une association départementale de l’OCCE. «  Les coopératives sont par nature un puissant levier pour apprendre la citoyenneté. Il y en a environ cinquante mille ! ». Chaque coopérative bénéficie d’un compte bancaire, permettant aux enseignants et aux élèves de faire des achats et ventes, avec évidemment un projet éducatif à la clé. Les élèves apprennent à réfléchir, délibérer, décider ensemble. Dans le cadre de la SESSE, la classe peut choisir, par exemple, de participer à un tournoi sportif solidaire, visiter une entreprise de l’ESS, de créer une exposition autour de thématiques de l’ESS.

Former pour passer à l’action dans les territoires

L’OCCE agit sur deux niveaux : elle forme à la fois les membres du réseau (salariés et bénévoles) et les enseignants. Des formations sont proposées aux premiers de manière à pouvoir accompagner les enseignants qui s’inscrivent à la SESSE. En effet, lors de la construction de projets dans les classes et de la mise en pratique de ces principes de coopération, chaque professeur peut bénéficier d’un suivi et ainsi être accompagné dans sa démarche. Ces enseignants trouvent alors le soutien dont ils ont besoin auprès d’animateurs ou administrateurs du département. Cette demande peut se traduire par la mise en relation avec une structure de l’ESS (pour organiser une visite d’AMAP, par exemple) ou peut être plus didactique (comment se plonger dans une dynamique de projet). Les enseignants font part de leurs demandes lors de l’inscription de leur classe à la SESSE.

Cette année, l’OCCE a proposé des stages décentralisés pour les comités de pilotage territoriaux de la SESSE, où sont formés les personnes du réseau et le personnel d’autres structures, de manière à créer une culture commune.

Photo de classe - entrepreneurs de l'ESS

La Semaine de l’ESS : le point culminant de l’année !

La Semaine de l’ESS à l’Ecole a pour mission principale de faire connaître les principes de l’ESS en les mettant en application. Les actions dans les classes, Maison des Lycéens ou autres regroupements, doivent permettre aux élèves d’être confrontés aux principes de libre adhésion, de volontariat, d’« une personne = une voix » lors des décisions, de recherche d’utilité sociale.

En fixant un cadre national large, et en laissant les territoires se l’approprier, cette semaine doit être l’occasion pour toutes les structures de l’ESS d’agir en synergie afin de porter une action commune, lisible. C’est pour cette raison que des comités de pilotage régionaux ont été créés ; afin de la rendre dynamique et adaptée.

La Semaine de l’ESS à l’Ecole est un temps de valorisation des actions. Elle est généralement lancée début novembre, pendant le mois de l’ESS. Dans cette optique, certains enseignants travaillent sur un projet fil rouge pendant plusieurs mois, comme par exemple lors la création d’une chorale solidaire qui, après plusieurs mois de travail, pourra se produire en spectacle. Nombreux sont les projets qui nécessitent de s’étendre au-delà d’une semaine. Toutefois, certains enseignants profitent de ce temps fort en mars pour sensibiliser leurs élèves à une économie qui place l’humain au centre par des visites d’entreprises coopératives, la lecture de vidéos ou encore l’accueil d’un professionnel dans la classe.

Les valeurs de solidarité, de respect des identités, du partage de l’information et de l’exercice effectif de la démocratie à l’école par les enfants, forment la philosophie éducative mise en actes par l’OCCE. Dans une société où les jeunes expriment des attentes nouvelles par rapport au monde du travail, il est essentiel de diffuser les principes de l’Économie Sociale et Solidaire, et de faire de la coopération un modèle d’avenir.

Rédaction : Claire-Mélodie Dumont

Crédit photos : ESPER / OCCE

 

 

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