Tribune
Publié le 3 septembre 2026
Fatima Bellaredj

Fatima Bellaredj

Présidente

Ne nous résignons pas !

Pour cette rentrée morose, faisons de nos urgences une fabrique à collectif !

Nous venons de connaître un été caniculaire, le plus chaud jamais recensé en France. Les incendies qui l’ont marqué ont été un signal fort et un révélateur très concret d’un manque réel de prise en compte de l’impact du dérèglement climatique sur le vivant. Nous, acteurs de l’ESS, connaissons cette urgence, nous la portons et nous savons que nous avons un rôle déterminant à jouer pour y répondre, aux côtés des décideurs publics. C’est tout l’enjeu de reconnaissance de l’ESS, portée par la nouvelle marque « ESS, l’économie en mieux ». 

A la veille de l’élection présidentielle où la multiplication des discours annonce déjà les divisions, l’ESS doit prendre le dessus pour affirmer haut et fort ce qui au contraire doit nous tous et toutes nous fédérer pour agir face aux urgences sociales et écologiques.

Cela nous amène à appeler de nos vœux une France qui doit plus que jamais renouer avec ses fondamentaux : l’égalité, la solidarité et la fraternité. Ce socle de valeurs républicaines donne un sens pour agir auprès des citoyennes et des citoyens, en particulier auprès des plus fragiles. Nous les connaissons bien, ils sont au cœur de l’ESS et ils sont notre boussole.

La stratégie nationale de l'économie sociale et solidaire (SNESS), adoptée le 9 juillet dernier par le Conseil supérieur de l'ESS, en est une belle illustration : c’est le fruit de plusieurs mois de co-construction entre les acteurs de l'ESS, les services du BESSI, le cabinet du Ministre et la délégation ministérielle. Ce travail collectif a permis de faire émerger une vision structurée et ambitieuse pour l'avenir de l'ESS, portée par celles et ceux qui la font vivre au quotidien. 

Pour autant, même s’il s’en est fallu de peu pour que nous votions d’une seule voix la SNESS, nous avons tous choisi de nous abstenir lors du vote : non pour marquer un renoncement, mais pour affirmer avec force ce qu'il reste à accomplir : décider un engagement politique clair et déterminé, et lancer une programmation financière à la hauteur de cette ambition. Nous avons tiré les leçons de la loi ESS de 2014 et de son évaluation dix ans plus tard : nous savons désormais ce qu'il faut pour changer d'échelle, et nous continuerons à le porter avec détermination. N’attendons pas 10 ans de plus.

Par ailleurs, alors même que tout le secteur associatif, à l’image du service public, est aujourd’hui clairement en mode survie face aux coupes budgétaires sans précédent, il est primordial de porter leur voix en écho et rappeler la valeur de leur action, à quelques jours des forums des associations, temps fort de la vie de nos communes.

Nous garderons intact notre esprit de responsabilité et d’engagement si caractéristiques de l’ESS et continuerons à appeler les décideurs publics à des arbitrages fidèles aux fondamentaux, fondamentaux d’une France égalitaire, solidaire et fraternelle. 

L’action a toujours été notre moteur, elle va se poursuivre en mode collectif et en gardant à l’esprit et dans le cœur ce mot d’ordre dont nous avons hérité de Claude Aphandéry : « Agissons comme si nous ne pouvions pas échouer ». 

Revenir à la page "Le Mag"

    Vous souhaitez soutenir le Labo de l'ESS ?

    Accompagnez la construction de l’économie sociale et solidaire de demain en adhérant à notre think tank et à nos valeurs !

    Adhérez