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Publié le 18 février 2015
Intelligence collective
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L’intelligence collective : un enjeu à tous les niveaux de la vie

L’intelligence collective apparaît en filigrane de tous nos enjeux contemporains. Climat, énergie, inégalités, terrorisme, innovation, solidarité, … Selon Jean-François Noubel*, l’intelligence collective est un enjeu de survie pour l’espèce humaine tant elle conditionne notre capacité à résoudre les défis du 21ème siècle.

L’intelligence collective se définit comme « la capacité d’un groupe de personnes à collaborer pour formuler son propre avenir et y parvenir dans un système complexe ». En d’autres termes il est question d’émancipation, de développement durable, d’égalité et de coopération, dans un monde où c’est la compétition, la concentration des richesses et les inégalités qui prévalent. En ce sens, l’intelligence collective va comme un gant à l’économie sociale et solidaire car elle poursuit les mêmes objectifs.

En réalité, nous retrouvons l’intelligence collective à de nombreuses occasions dans notre quotidien. L’enjeu est d’en être conscient, et de savoir mieux la mobiliser. Voici ses différentes formes :

  • « L’intelligence collective originelle », en petits groupes, se coordonne autour d’un objet commun et dans un petit espace donnée. A titre d’exemple : une équipe de rugby autour d’un ballon, dans les limites d’un terrain, accomplit des exploits spontanés assez extraordinaires et complexes d’intelligence collective (stratégie, passes, essais). Appliqué à l’entreprise, dans le cadre d’une réunion par exemple, c’est la forme la plus avantageuse de l’intelligence collective : souple, transparente, apprenante, capable d’improvisation. Mais elle n’est possible qu’en petit nombre et en lieu restreint.
  • L’intelligence collective pyramidale que l’on retrouve dans certaines entreprises, dans les banques, certains pouvoirs publics. Elle retient la majeure partie de l’information au sommet de la pyramide. C’est par exemple le cas lorsque l’on dépose de l’argent sur un compte : nous ne savons pas où va circuler cet argent, ce qu’il financera. Le fonctionnement très rigide, normé, contraignant et opaque de cette forme d’intelligence la rend inadaptée aux enjeux mouvants d’aujourd’hui.
  • L’intelligence collective en essaim que l’on retrouve dans l’économie libérale d’aujourd’hui. Les acteurs interagissent sans avoir une vision claire de l’ensemble du système dans lequel ils évoluent. Exemple : un citoyen qui effectue un achat dans un supermarché n’a pas idée que son acte d’achat peut contribuer à créer une famine ou bien, dans le cadre du commerce équitable, aider un producteur à vivre mieux. C’est la fameuse main invisible de Smith : chacun agit pour son intérêt particulier et c’est le marché qui œuvre de manière autonome pour le bien commun. Cependant, ce type d’organisation a montré ses limites : concentration de la monnaie, inégalités, crises, etc. Plus de transparence, une juste répartition des richesses et de la monnaie lui permettrait d’œuvrer au service de l’intérêt général.

Ces formes d’intelligence collective évolueraient bientôt vers un autre niveau : celui de l’intelligence collective globale. Une intelligence collective au niveau mondial plus juste, équitable, démocratique, transparente, néanmoins normée et organisée qui permettrait de contribuer à résoudre nos enjeux complexes actuels au niveau international, étatique ou local.

Certains travaillent à l’émergence d’une intelligence collective dans les organisations. Pour en faire des organisations apprenantes où le partage de l’information à forte valeur ajoutée est favorablement organisé et permet à l’organisation de mieux concevoir sa complexité, de gagner en efficacité, en cohésion et en impact social.

Enfin, d’autres défendent l’émergence d’une nouvelle forme d’intelligence collective grâce à l’organisation des BIG DATA sur internet au service d’une meilleure qualification de notre connaissance. C’est le cas de Pierre Lévy qui défend la création d’un Métalangage - l’ EIML - une sorte de surlangue qui permettrait d’observer et de perfectionner notre propre intelligence collective. A titre d’exemple il serait possible de savoir ce que les autres savent de l’économie sociale et solidaire pour mieux mesurer l’effort de pédagogie et d’information qu’il reste à fournir pour faire connaitre le modèle …

Alors, comment agir sur la manière dont nous organisons l’intelligence collective ? Comment faire en sorte qu’elle soit au service de l’inclusion sociale, de l’innovation sociale, qu’elle permette de répondre aux enjeux sociaux et environnementaux du 21ème siècle ? Dans tous les cas, l’intelligence collective nécessite une nouvelle définition de la vocation de l’entreprise, de l’économie, du don de soi, de l’éthique et des valeurs, des modèles mentaux et systémiques.

Elle ne pourra pas exister tant que ses participants seront obligés d’être en compétition les uns avec les autres. Elle ne pourra exister que sous le signe de la coopération. Des notions que porte justement l’économie sociale et solidaire.

* Jean-François Noubel est un auteur clé de l’intelligence collective. Retrouvez son essai "intelligence collective, la révolution invisible".

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