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Publié le 5 avril 2022
Coucher de soleil
Mots clés
Transition
Précarité
ESS

« Fair(e) transition, pour une transition écologique juste avec l’ESS », la nouvelle étude du Labo de l'ESS avec le soutien de la Fondation de France

“Fin du monde, fin du mois”, cette réplique résonne encore dans nos têtes trois ans après la crise des gilets jaunes. Depuis, les enjeux persistent : articuler mesures écologiques et lutte contre la précarité. L'urgence environnementale se révèle, qui plus est dans le contexte d'une pauvreté grandissante, indissociable de la question des inégalités, de la justice et plus généralement de la démocratie. C'est dans ce contexte que le Labo de l'ESS lance une nouvelle étude sur les liens unissant transitions et précarité avec le président de l'UNIOPSS comme référent thématique, Patrick Doutreligne. Pour un monde juste, solidaire et durable, cette transition devra être respectueuse à la fois de l’humain et de la planète. 

Le sujet de la transition juste rejoint les préoccupations de la Fondation de France, elle en sera donc le principal soutien. Comment et dans quelle mesure l’ESS contribue-t-elle à cette transition écologique juste ? Clara Schoumann, la responsable Fondations Transition écologique et solidaire à la Fondation de France nous explique pourquoi avoir choisi de soutenir cette étude. 

Clara Schoumann

 

Précarité & transition écologique, de quoi parle-t-on ? 

Selon Joseph Wresinski, la précarité peut être définie par « [...] l'absence d'une ou plusieurs des sécurités permettant aux personnes et aux familles d'assumer leurs responsabilités élémentaires et de jouir de leurs droits fondamentaux ».  

La transition écologique est le passage du mode actuel de production et de consommation à un mode plus écologique. Elle correspond à un changement de modèle économique et social, qui transformera en profondeur nos façons de consommer, de produire, de travailler et de vivre ensemble. 

Lorsque nous parlons de précarité et transition écologique il s’agit d’étudier comment il est possible aujourd’hui d’articuler ces deux problématiques sachant que la transition écologique ne peut se faire qu’en changeant les modes de vie et de production et en impliquant toutes les populations. 

 

Pourquoi la Fondation de France a-t-elle choisi de soutenir ce projet ?  

Depuis les années 1970, la Fondation de France intervient dans le domaine de l’ESS à travers notamment un programme sur le thème de l’emploi. Elle a soutenu par exemple  l’insertion par l’activité économique ou le développement de nouveaux modèle d’activité (ressourceries/recycleries, tiers lieux…). 

Aujourd’hui elle souhaite continuer à travailler dans le champ de l’ESS en regardant comment ces modèles peuvent constituer des solutions pour d’une part permettre la transition écologique et d’autre part ne laisser aucune population à l’écart de ce mouvement. Il nous a donc semblé intéressant que l’un des partenariats de cet axe exploratoire s’oriente vers un projet de recherche sur le fond du sujet en s’associant avec l’un des acteurs de référence de l’économie sociale et solidaire, le Labo de l’ESS.  

 

Quels sont les objectifs de cette étude ? Qu’en attendez-vous ? 

Le Labo de l’ESS a identifié deux objectifs généraux de l’étude qui sont :  

1. Produire, synthétiser et partager des connaissances sur le rôle de l’ESS dans la mise en œuvre d’une transition écologique juste, solidaire et durable.  

2.Identifier des pistes d’actions potentielles et recommandations.  

Cette étude serait à la fois une des premières sources sur le sujet en France à destination du grand public tout en pouvant servir de référence pour le futur axe de la Fondation de France agissant sur cette question. 

 

Comment lier les questions sociales et environnementales ? 

Cette question est fondamentale. Il est aujourd’hui évident que les populations fragiles sont et seront touchées plus durement par les conséquences des problématiques environnementales (migrations climatiques, pollution de l’air, précarité énergétique, etc.). Or, ces populations se trouvent face à une situation paradoxale communément résumée par le dilemme « fin du monde versus fin de mois » qui les empêche d’accéder aux solutions actuellement envisagées pour effectuer une transition écologique. Il importe donc de comprendre les besoins des populations fragiles et de créer de nouvelles solutions pour rendre la transition plus inclusive. Nous identifions par exemple actuellement des initiatives qui parviennent à impliquer des personnes en situation précaire dans des projets de transition écologique, avec notamment des opportunités d’emploi. Historiquement, nous avons été l’un des premiers partenaires de Territoires Zéro Chômeurs de Longue Durée, qui, à travers son expérimentation permet à des personnes privées durablement d’emploi de travailler sur des activités liées à la transition écologique.  

 

Pourquoi se diriger vers l’ESS dans ce cadre ? 

Pour reprendre les mots du Labo, l’ESS est une économie visant à respecter le vivant au sens large. Les acteurs de l’ESS sont donc essentiels pour proposer de nouvelles solutions permettant l’évolution de nos modes de production et de nos modes de vie vers des pratiques plus inclusives et plus durables.  

 

Durant toute la durée de l'étude, le Labo de l'ESS sera accompagné d'un groupe de travail composé de belles structures : l'ADEME, AG2R La Mondiale, ATD Quart Monde, Chantier Ecole, Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE), Coopaname, Emmaüs, FAGE, Fédération des acteurs de la solidarité, Fondation RTE, Fondation Zoein, réseau Cocagne, Restos du Coeur, Secours catholique, Terres en Villes, Territoires Zero Chômeur de Longue Durée, UDES, Union nationale des CCAS, Unis-Cité.

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