
Fatima Bellaredj
S’unir pour mieux résister
L’année s’est terminée avec un goût d’inachevé.
Tout comme l’année précédente, 2025 ne nous aura pas permis de retrouver l’enthousiasme d’un chemin prometteur.
Les guerres se sont installées durablement, et l’actualité récente au Vénézuela nous renvoie à un impérialisme prédateur que nous pensions d’un autre temps. L’Europe parait timorée face à cette réalité et reste fragilisée face aux politiques mercantiles américaines et asiatiques. La France n’est pas mieux lotie sans vote du budget.
2025 aura été sommes toutes une année éprouvante à force de voir nos espérances déçues.
Et pourtant, au sein de l’ESS, nous n’avons pas démérité.
Nous avons participé aux travaux de la Cour des comptes sur l’ESS, il en est d’ailleurs sorti un fait marquant trop peu mis en lumière : l’ESS s’en sort remarquablement bien comparativement à toute l’Economie. Alors même qu’elle a bénéficié d’un soutien deux fois moindre de la part des politiques publiques, elle a su maintenir ses emplois au même niveau sur les dix dernières années.
Nous avons aussi participé massivement aux travaux de la stratégie nationale de l’ESS en valorisant notre diversité et en contribuant collectivement à un diagnostic et une feuille de route. Nous avons su partager auprès du ministre de l'ESS l’importance de prendre le temps de se mettre d’accord pour une ambition forte que mérite très largement l’ESS. C’est ainsi que notre travail va se poursuivre et s’achèvera au premier trimestre 2026.
En nous unissant pour parler d’une même voix, nous avons réussi. Nous avons le devoir de poursuivre dans cette direction et de nous faire toujours mieux entendre.
Le Labo de l’ESS a pris largement sa part tout au long de l’année avec des travaux de fond comme ceux réalisés sur l’éducation populaire sur trois territoires différents, dont il ressort l’impact notable des actions menées par les acteurs de l’ESS comme pilier des politiques locales de transition. Ou l’étude menée sur les modèles socio-économiques des Scic qui met en valeur l’intérêt de ces initiatives collectives.
Alors pour 2026, je nous souhaite de poursuivre dans cette même unité.
Car nous allons en avoir besoin pour résister face à la brutalité des actions et des débats qui ne peuvent devenir une figure imposée.
Loin du cynisme ambiant, nous allons poursuivre la coopération, et agir au quotidien pour resserrer les liens.
Pour ces premiers vœux en tant que présidente, je nous invite à refermer la porte sur 2025 et nous ouvrir à des jours meilleurs en 2026 car je sais qu’au plus profond de nous, nous avons cet enjeu de résistance chevillé au corps pour faire face aux situations les plus difficiles.
Au Labo de l’ESS, nous allons poursuivre cette implication qui donne à voir ce qui s’invente dans les territoires et qui nous rend plus fort. Et je nous invite à suivre de près le chemin que va parcourir notre amie Claire Thoury, qui anime au sein du Labo nos travaux sur la démocratie, et qui propose sa candidature à la présidence du Conseil économique, social et environnemental. Je veux ici l’encourager car plus qu’un symbole, un changement notable pour cette institution serait un signe d’unité et de renouveau pour l’ESS et la Nation entière.


